Polka, poupée de bois

L'histoire du conte "Polka, poupée de bois"

JEUNES ÉCRIVAINS

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Polka, poupée de bois par Violaine

juin 2001

Ceci est un conte russe, alors, attention !
Nous sommes dans l'irréel, dans l'imaginaire !
A ne pas confondre avec de la science-fiction ...
Natassia était une petite fille comme les autres, mais qui avait la chance d'avoir un père menuisier. Tout ce qu'elle voulait comme marionnette, pantin, etc., il le lui fabriquait. Elle vivait avec son père Lei, et son frère Sadko. Sa pauvre mère était morte depuis des années.
Le jour de son anniversaire, son père lui tendit un énorme paquet, aussi grand qu'elle. Natassia l'ouvrit, et que vit-elle dedans ? Une adorable poupée toute en bois que son père avait fabriquée !
" Je l'appellerai Polka, s'écria Natassia ! "
J'ai oublié de vous dire que Natassia adorait danser, et en particulier la polka.
Elle s'amusait beaucoup avec sa poupée, qui avait les yeux grands ouverts, même la nuit !
Une nuit justement, un murmure s'éleva du balcon... Un peu plus tard, à 5h du matin, Natassia se réveilla à cause du tonnerre et des éclairs : il faisait encore très sombre dehors. Elle ouvrit les yeux et fut figée de stupeur : Polka avait disparu !
" Papa ! , cria t-elle, on a volé Polka !
- Quoi encore ? Tu ne pouvais pas attendre le matin pour nous réveiller, s'énerva Lei !
- Mais, papa, c'est catastrophique ! Si on a volé Polka, on a bien pu voler autre chose ! "
Sur ces mots le père se leva en sursaut :
" C'est vrai, ça ! Où sont mes lunettes, que j'aille immédiatement voir dans le vieux coffre sculpté. Où sont elles ? Je ne les retrouve plus !
- Je ne sais pas, papa, répondit Sadko. Je vais regarder, moi. ... Où as-tu mis les clés ?
- Dans le pot sur mon bureau.
- Elles n'y sont plus !
- Comment ! Elles ont dû tomber quelque part ?
- Je ne vois rien.
- Et Polka, alors, s'exclama Natassia !
- Tu es sûre de ne pas l'avoir rangée dans l'armoire, ou autre part ?
- Non, je l'avais mise sur la chaise : ici.
- Il faut se rendre à l'évidence : on nous a volé, et je ne peux même pas vérifier dans le coffre, je n'ai plus la clé ! "
Tout à coup, on entendit : " Cling ! " Natassia se retourna :
" Ce ne serait pas tes clés, par hasard ?
- Mais si ! Donne-les moi, je vais voir dans le coffre ! Ah oui, c'est vrai, j'ai perdu mes lunettes ! Sadko, va voir.
- Oui, papa. "
Sadko chercha dans le coffre.
" C'est bon, papa, les statues de bronze sont toujours là.
- Ouf, souffla Lei.
- En attendant, Polka, on ne l'a toujours pas retrouvée !
- Sois tranquille, je t'en ferai une autre. "
Tout à coup, on entendit un petit rire aigu, moqueur...et Polka sortit de l'armoire ! Polka vivait ! Lei, Sadko et Natassia étaient tellement éberlués qu'ils en restaient bouche bée !
Puis, Natassia bredouilla :
" Po...Polka ?
- Eh oui, Polka ! s'exclama Polka.
- Tu vis ! Tu vis !
- Bien sûr que je vis ! J'ai toujours vécu depuis que ton père m'a fabriquée !
- Mais tu ne vivais pas, avant aujourd'hui ! Tu ne parlais pas !
- Bien sûr que si ! Je parlais, je mangeais, je dansais même ! Mais ... par sur terre !
- Sur une autre planète, questionna Sadko ?
- Non : dans un pays imaginaire !
- Mais, ça n'existe pas , les pays imaginaires, s'exclama Sadko !
- Faux ! Il en existe 2 et même 3 si l'on compte mon pays comme un pays double.
- Quel est le nom de ce pays ?
- Cachelune, car la lune cache ce pays.
- Je suis sûr que c'est faux, protesta Lei ! Vous profitez que j'ai perdu mes lunettes pour me faire une farce ! Et la prétendue Polka, c'est une copine à toi, Natassia. Alors maintenant, rentre chez toi et on n'en parle plus !
- Oh, excusez-moi, j'ai oublié de vous rendre vos lunettes ! Tenez. "
Lei mit ses lunettes et sursauta :
" Mais, c'est Polka !
- Bien sûr que c'est Polka .
- Excuse-moi, Polka, bredouilla Lei.
- Ce n'est rien, mais ... euh ... j'ai faim ... ça fait longtemps que je n'ai pas mangé ... et ...
- Allons déjeuner, décida Sadko. "
Tous les quatre s'installèrent autour d'un succulent gâteau confectionné par Lei.
" Alors, comment c 'est, Cachelune, demanda Sadko ?
- C'est très bien. Cachelune est un pays où vivent les âmes des pantins pendant que leur corps sont dans les chambres des enfants, expliqua Polka.
- Ainsi, tu étais dans ce pays, questionna Natassia ?
- Oui, il y a là-bas tous les pantins et les poupées qui existent dans l'univers.
- Et ce troisième pays dont tu nous as parlé, questionna Lei ?
- Oui, le pays des pantins est un pays double : il est relié par un chemin à un autre pays. Mais, au fait, je n'ai jamais vu ta mère, Natassia, où est elle ?
- Elle est ... morte.
- Oh, pardonne-moi..., et, comment s'appelait-elle ?
- Tatiana.
- Tatiana ! Mais oui, je la connais !
- Comment peux-tu la connaître, sursauta Sadko ?
- Le pays qui est relié à celui des pantins, est celui de tous les morts de l'univers.
- Et tu y as vu ma mère ?
- Oui.
- Où est-il, ce pays, que l'on aille retrouver notre mère ? Dis-le vite, Polka, je t'en prie !
- Mais c'est un pays imaginaire ! On ne peut y aller que si on est un pantin ou si l'on est mort !
- Mais toi, tu es un pantin ! Tu peux donc y aller !
- Oui, mais maintenant, j'ai pris vie sur la terre et il faudrait que je sois comme avant pour pouvoir y aller.
- Pourquoi ?
- Parce que je n'ai le droit de vivre qu'une seule fois en même temps.
- Oh !
- Mais je peux aller chercher Tatiana. Il faut juste que je redevienne comme avant.
- Comment ?
- En allant chez une certaine personne...
- Qui ?
- Chez une certaine Olga Taïcascova.
- Comment y aller ? Et que peux faire cette Olga pour nous ?
- Quoi qu'il en soit, il faut trouver une idée pour pénétrer chez elle.
- Je sais, dit Lei. On va faire croire que tu es une poupée mécanique, qui sait danser la polka si on lui appuie sur le nez. Alors, on te louera à des gens pour les amuser. Peut-être que Olga entendra parler de toi et voudra te louer ? En attendant, je vais avoir une bouche de plus à nourrir, et, comme nous sommes pauvres, je ne sais pas comment je m'en sortirai, dit Lei qui, finalement, ne croyait pas beaucoup à cette histoire de pays imaginaire où habitent les morts.
- Ne t'inquiète pas de cela, répliqua Polka, la nuit, quand je serai chez les gens, je leur volerai diverses petites choses et je te les rapporterai.
- Oh, s'exclama Lei ! "
Mais comme il n'avait pas d'autres solutions, il accepta.
" Alors, c'est entendu. Allez, maintenant, je vais faire de la publicité pour faire connaître Polka. "
Il était maintenant 7 heures, et Natassia dit à Polka :
" Je vais bientôt partir pour l'école. Veux-tu m'accompagner ?
- Je veux bien. "
C'est ainsi que Natassia alla ce jour-là à l'école en compagnie de Polka.
" Bonjour Madame, dit Natassia à la maîtresse d'école, je vous présente...
- Qui es-tu, fit la maîtresse en s'adressant à Polka ?
- Je m'appelle Polka.
- Pol quoi ?
- Polka, dit Polka
. - C'est un drôle de nom, ça !
- Mais non, intervint Natassia, elle s'appelle ... Snégourotchka ! Elle adore plaisanter !
- Ah, bien. Et alors, Snégourotchka, d'où viens-tu ?
- De Cachelune, dit Polka qui ne se démontait pas .
- Non, s'exclama Natassia ! C'est ma cousine et elle habite tout au nord de la Russie. Elle va peut-être rester longtemps ici et c'est pour cela qu'elle vient à l'école.
- Ah, dit la maîtresse, je comprends. Allez en classe. J'arrive dans 2 petites minutes. Je vais chercher des nouveaux livres que je viens de recevoir.
- Mais non, protesta Polka, je m'appelle Polka et je viens de Cachelune. Je suis une poupée de bois que Lei, le père de Natassia a fabriqué et, cette nuit, je me suis mise à vivre car quelqu'un m'a jeté un sort.
- Comment ça ? Ce n'est pas possible que les poupées prennent vie !
- Bien sûr , dit Natassia, elle adore faire des farces aux gens ! "
Quand Natassia et Polka se retrouvèrent seules, Natassia dit à Polka :
" Pourquoi as-tu dit cela ? Tu te rends compte ! Si elle apprenait la vérité !
- Mais elle n'y croit pas, à la vérité.
- Quand même ! "
A midi , lorsque Polka et Natassia rentrèrent à la maison, Lei dit à Polka :
" J'ai une bonne nouvelle : Olga t'a louée !
- Parfait !
- Elle te veut 1 semaine.
- A partir de quand ?
- Le plus vite possible.
- Eh bien, j'y vais tout de suite.
- Tout de suite ?
- Oui. "
Lei emmena donc Polka chez Olga
" Voici la poupée mécanique. "
Le visage d'Olga se crispa à la vue de Polka, puis ses yeux brillèrent et elle dit : " Donnez-la moi ! ... Merci.
- De rien. "
Olga prit Polka, ferma la porte, puis dit : " Polka ! J'ai tout de suite compris qui tu étais quand je t'ai vue. En fait, je l'avais même deviné avant, lorsque j'ai entendu parler d'une poupée mécanique qui dansait la polka ! "
Polka ne répondit pas. Olga ajouta :
" Polka, ne fais pas semblant de ne pas pouvoir parler ! "
Polka ne dit toujours rien ; ses yeux ne semblaient pas voir.
Olga dit : " Pourquoi ne veux-tu pas parler ? "
Les yeux de Polka bougèrent et regardèrent un point fixe derrière Olga. Celle-ci se retourna et elle vit une chose horrible : des milliers d'araignées mortes jonchaient le hall d'entrée, le salon et les escaliers. Sous les yeux de la maîtresse de maison se passa alors une chose terrifiante : les araignées étaient en train de reprendre vie ! Olga poussa un cri d'agonisant et glapit : " D'où viennent ces araignées ? Réponds, Polka ! Fais quelque chose !
- Ne pousse donc pas ces cris, tu vas ameuter toute la ville ! "
Polka réfléchit de toutes ses forces et se concentra. Les araignées disparurent.
Olga s'écria : " C'est toi qui les a fait venir ?
- Bien sûr ! Qui veux-tu que ce soit d'autre ?
- Polka, pourquoi as-tu fait ça ?
- On dirait que tu me parles de ceci comme si c'était un crime !
- Réponds-moi : pourquoi as-tu fait ça ?
- Pour te faire une farce !
- Que me veux-tu ? Pourquoi as-tu cherché à me voir ?
- Je veux que tu me rendes ma forme de pantin, celle que j'avais quand Lei m'a fabriquée.
- Pourquoi veux-tu ceci, s'étonna Olga ?
- Pour retourner sur Cachelune, pardi !
- Mais pourquoi veux-tu retourner sur Cachelune ?
- Pour aller chercher Tatiana.
- Tatiana ? Pourquoi Tatiana ? Non !
- Et pourquoi pas Tatiana ?
- Non, non, non ! Je ne te rendrai pas ta forme de pantin. Maintenant, fais ton travail de poupée mécanique ou je me plaindrai à M. Lei ! "
Polka resta donc avec Olga pendant une semaine. Et comme il était convenu avec Lei, elle vola la nuit chez Olga toutes les richesses que l'on pouvait trouver chez elle . Celle-ci se doutait bien que c'était Polka qui volait, mais elle ne disait rien. Sans doute voulait-elle se plaindre directement à Lei ! Enfin, la semaine terminée, Olga ramena Polka à Lei mais ne lui dit rien en ce qui concernait les vols de Polka.
Alors, la nuit suivante, Polka se réveilla et prit dans la salle à manger les objets volés chez Olga. Elle sortit de la maison et se rendit dans " l'avenue Claqua ". Un peu plus tard, un personnage voilé arriva. C'était Olga.
" Alors, Polka, tu m'as ramené les choses que tu m'avais volées , demanda Olga d'un air narquois ?
- Tiens, vipère ! Mais c'est bien parce que je suis obligée !
- Oui, oui, et je te préviens, tu ne retourneras pas sur Cachelune, car tu ramènerais Tatiana ici. Et alors, ce serait la fin pour moi, car c'est moi qui ait tué Tatiana. Tu ne la délivreras jamais de la mort !
- Alors, si tu te ne veux pas m'aider à retourner sur Cachelune, j'utiliserai d'autres moyens pour y aller!
- D'autres moyens ? Il y a un autre moyen ?
- Bien sûr !
- Lequel ?
- Je ne vais tout de même pas te le dire !
- S'il te plaît, Polka ...
- Non ! Si tu veux que je te le dise, rends-moi ma forme de pantin !
- Bon, d'accord, mais une seule minute, pour que tu n'aies pas le temps d'aller chercher Tatiana ! "
Les yeux d'Olga brillèrent, puis ils devinrent jaunes, rouges, violets, puis redevinrent normaux. Polka toussa, elle toussa encore. Elle toussa encore une fois et ... cracha une grenouille ! Olga éclata d'un rire sonore.
" Tu croyais que j'allais t'envoyer à Cachelune ? Maintenant, dis-moi quel moyen tu comptes utiliser pour y aller, et je retirerai le sort de toi.
- Bien, répondit Polka. Puisque tu ne me laisses pas le choix, je te rappelles, tu l'avais sans doute oublié, que je peux me débrouiller pour y aller sans ton aide. Et là-bas, je délivrerai Tatiana de la mort, ajouta Polka en crachant des grenouilles !
- Non ! N'y va pas !
- Alors ?
- Non ! Voilà ce que nous allons faire : nous allons aller toutes les deux sur Cachelune.
- D'accord. "
Olga toussa : les jambes de Polka redevinrent du bois. Elle toussa une nouvelle fois : les bras de Polka redevinrent du bois. Elle toussa encore une fois pour le buste, et une autre fois pour la tête. Polka était redevenu un pantin comme les autres. Puis, elle voulut faire la même chose avec elle-même, mais elle n'y arriva pas ! Car elle avait oublié que, seules les personnes ayant déjà été sur Cachelune, pouvaient y retourner. Et comme il n'y avait que les pantins qui y soient déjà allés, personne, à part eux, ne pouvaient y retourner !
Olga écuma de rage, fort bien décidée à se venger dès que possible...
Pendant ce temps, Polka retrouvait avec plaisir ses anciens amis pantins, poupées et marionnettes et elle leur expliqua le but de sa mission : la raison de son retour sur Cachelune.
" Et comment vas-tu pouvoir ramener Tatiana, demanda Schikta, une jolie petite poupée russe, brune.
- Je ne connais qu'une seule solution, répondit Polka, c'est de retirer l'odeur de la mort de la maison de Tatiana.
- C'est très dangereux, intervint Pépito, une marionnette espagnole qui adorait jouer la comédie. Si quelqu'un apprend que l'on essaye de faire revivre une personne déjà morte, on va avoir des ennuis !
- Il le faudra pourtant bien, répliqua sèchement Polka. "
Tous se turent : Pylaé approchait. Pylaé était une vieille poupée de 160 ans, très méchante. Quand elle prenait cet air-là, c'est qu'elle voulait punir quelqu'un en particulier. Mais qui ? Elle s'avança vers Polka, mais, au dernier moment, se dirigea vers un pantin italien : Antonio. Il venait à peine d'être fabriqué. Pylaé grinça des dents et prononça :
" Qu'as-tu dit, hier, à Stéphanie, ma fille ?
- Je ...
- Tu lui as dit : " Pas étonnant que tu aies un tel caractère, ça doit venir de ta mère ! "
- Madame, coupa Polka, il ne voulait pas dire que vous et votre fille avaient un mauvais caractère, il voulait dire que si votre fille a cet excellent caractère, ça doit venir de vous.
- Ah, toi, tais-toi ! Déjà que ta situation n'est pas claire, je ne vais pas en plus te punir. Ne m'oblige pas à faire cela !
- Pourquoi ma situation n'est-elle pas claire ?
- On a lu sur notre détecteur que tu mijotais quelque chose contre la loi.
- Contre la loi ... c'est vite dit !
je dois faire quelque chose qui n'est pas très ... permis par la loi pour respecter la loi et sauver l'innocent.
- Et qui est l'innocent ?
-Tatiana, répondit Polka d'un air indifférent.
- Tatiana ! Et ... si il y a un innocent, il y a un coupable ! Quel est ce coupable ?
- Olga, répondit Polka. Vous savez, la sorcière ! Chère Pylaé, c'est vous qui l'avez encouragé dans tous ces crimes. C'est un mauvais souvenir ? Pourtant, quand Olga a tué Tatiana et que celle-ci était à l'état d'agonie, vous riiez à en mourir ! Oui, ne vous étonnez pas que je sache tout cela : Tatiana m'a tout raconté.
- Soit, je riais, dit Pylaé d'un ton froid. Et alors ? Je voulais simplement qu'elle nous rejoigne.
- Bien sûr. Vous l'aimiez tellement que vous l'avez tuée. Oh, elle est peut-être bien avec ses enfants, je ne lui demande pas son avis, mais elle sera d'accord : je l'aime tellement, Tatiana, récita Polka d'un air dégagé, en imitant la voix de Pylaé.
- Ca suffit ! dit une voix derrière eux."
Tout le monde se retourna. Il y avait un homme par terre.
" Je m'appelle Ivanovitch. Je suis mort il y a une heure et l'on m'a dit que j'allais rejoindre les morts. Vous êtes des morts ? "
Pylaé s'apprêtait à répondre, mais Snégourotchka arriva.
Snégourotchka était morte depuis 5 ans, et c'était elle qui s'occupait des nouveaux venus. Elle avait de la personnalité et faisait partie des rares personnes qui savaient tenir tête à Pylaé. Tout le monde l'aimait.
" Vous menaciez encore ces pauvres poupées, dit-elle d'un ton exaspéré ?
- Occupez-vous de ce qui vous regarde, vous !
- Justement, je m'en occupe, s'exclama Snégourotchka en montrant du doigt Ivanovitch, mais comme vous vous occupez de mes affaires, je m'occupe des vôtres ! "
Elle fit signe à Ivanovitch de la suivre et partit en laissant Pylaé et son mauvais caractère.
Celle-ci, écumant de rage, se retourna vers Polka, et lui cria :
" Nous n'avons pas fini notre petite conversation. Que disais-tu ? Tu te moquais de moi, peut-être ?
- Comment l'avez-vous deviné, demanda Polka très calmement ?
- Comment ... oses-tu..., balbutia Pylaé en laissant éclater sa colère ?
- Je ne sais pas comment j'ose, mais j'ose, répondit Polka, toujours très calme, ce qui énervait encore plus Pylaé.
- Très bien, suffoqua Pylaé en essayant de contenir sa colère, dans ce cas là, je vais te punir !
- Mais tu ne peux pas la laisser un peu tranquille ! "
C'était Snégourotchka.
" De quoi je me mêle, hurla Pylaé !
- Je me mêle de tes affaires ! Allez, venez, vous autres, ne restez pas une seconde de plus avec cette furie ! "
Pylaé dit quelque chose qui ressemblait à :
" Arggnarccrounchgragnagna ... "
Tout le monde suivit Snégourotchka. Polka attendit quelques secondes, lança un petit sourire narquois et provocateur à Pylaé et s'éloigna.
Un peu plus tard, Polka demanda à Snégourotchka si elle voulait bien l'aider à délivrer Tatiana.
" Bien sûr que oui, Polka, répondit celle-ci, c'est injuste que Tatiana soit ici. "
C'est ainsi que Polka et Snégourotchka allèrent rendre visite à Tatiana.
" Bonjour Polka, bonjour Snégourotchka. Alors, il paraît que tu as pris vie chez tes propriétaires ?
- En effet, et ces propriétaires ce sont ton mari et tes enfants.
- Lei ..., Sadko ..., Natassia... balbutia Tatiana . Ca fait des années que je ne les ai plus revus. Et dire que je ne pourrais jamais les revoir ! "
Sur ces mots, elle fondit en larmes.
" Calme-toi, Tatiana, bien sûr que tu pourras les revoir, et c'est pour ça que nous sommes ici.
- Que dis-tu ?
- Tu vas reprendre vie et retourner chez toi.
- Comment peux-tu me faire revivre ?
- En enlevant la mort de toi .
- C'est impossible !
- Si ! Il faut simplement détourner la mort de toi et la diriger sur une autre personne.
-Mais alors, la mort va tuer cette autre personne ?
- Bien sûr, mais Pylaé va nous rendre ce petit service !
- Pylaé ! C'est une bonne idée, ça. Elle sera dans le même monde, puisque les pantins et les morts vivent au même endroit.
- C'est bien pour cela que j'ai pensé à elle, répondit Polka en souriant. Je savais qu'autrement, tu n'accepterais pas . Pourrais-tu, lorsque tu sera auprès de Lei, lui donner ce mot ainsi qu'à Sadko et à Natassia ?
- Bien sûr ! Mais pourquoi ne leur donnerais-tu pas toi-même ?
- Non, ... je suis désolée, ... mais je dois rester ici... je suis une poupée, ne l'oublie pas, je ne dois pas vivre sur la Terre.
- Comment ? Mais c'est Lei qui t'a fabriquée. Tu es à Natassia, elle t'attend !
- Je sais, mais il faut que tu comprennes : ma place est ici.
- ...
- Je te promets que je viendrai vous voir quelquefois sur Terre...
- ...Oui... "
Polka, Snégourotchka et Tatiana marchèrent vers la maison de la Mort.
Polka dit : " Bonjour, ô mort ! Je parle en tant que représentante des poupées. Tatiana a été assassinée. Il est injuste qu'elle soit morte, car, si une terrienne et une vieille poupée n'avaient pas existé, Tatiana serait, à l'heure qu'il est, chez elle, avec son mari et ses enfants.
- Peut-être, répondit la Mort de sa voix lugubre, peut-être, mais Tatiana est maintenant morte, et elle doit rester sur Cachelune.
- Elle ne devrait pas être morte, intervint Snégourotchka.
- Oui, bon ... prononça la Mort, vous dîtes qu'elle a été assassinée ?
- Oui, affirma Polka.
- Ah, et par qui ?
- Par Olga Taïcascova, et Pylaé qui l'a assistée dans son crime.
- Pylaé, cette poupée désagréable ?
- Elle même.
- J'espère que ce que vous dîtes est vrai. Je hais Pylaé. Je vais me détourner de Tatiana pour aller avec Pylaé : voilà une bonne occasion de me venger d'elle ! Au revoir !
... Ah, un dernier mot : Tatiana sera vivante sur Terre dans une heure . J'en fais le serment."
Tatiana, toute heureuse, s'en retourna avec Snégourotchka et Polka.
Mais devant la porte de Tatiana, Pylaé attendait...
" Ah, Tatiana, où étais-tu allée ? Tiens, Polka, quelle bonne surprise ! As-tu essayé de faire quelque chose contre la loi ? "
Polka fit signe aux autres de ne rien répondre. Elle leur dit d'un air détaché :
" Encore 50 minutes.
- Polka, que mijotes-tu ? Veux-tu que j'appelle la Mort pour qu'elle fasse effet sur toi, menaça Pylaé ? "
Mais Polka continuait de compter les minutes pendant que Pylaé s'excitait. Enfin, quand il ne resta plus que 2 minutes, Polka dit tristement à Tatiana :
" Adieu ! Donne le bonjour de ma part à Natassia, Sadko et Lei ... dans 2 minutes, tu seras près d'eux ! Adieu..., mais à bientôt pour toi, Pylaé. Plus qu'une minute..., 30 secondes ..., 10 secondes..., 9, 8, 7, 6, 5, 4, 3, 2, 1, 0 ! "
Tatiana disparut peu à peu, tandis que Pylaé lança un cri d'agonie, expira, puis mourut...
Elle réapparut un peu plus tard, mais en tant que morte, et elle se retira en disant à Snégourotchka :
" C'est bon, c'est bon, je connais... "
Sur terre, pendant ce temps, c 'était la joie : Tatiana avait réapparut sur son ancien lit et l'on fêta les retrouvailles. Polka, prés de Natassia, était redevenue une poupée de bois, mais bougeait encore un peu. Puis, après un dernier clin d'oil, s'immobilisa.
La légende dit que, parfois, la nuit, on voit une ombre se diriger vers la maison de Natassia et que celle-ci pousse un cri : " Polka ! "
FIN
Violaine

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