Sous les soleils d'Himkalaga

L'histoire du conte "Sous les soleils d'Himkalaga"

Quand un des deux soleil se couchait, l'autre se levait. Il ne faisait jamais nuit à Himkalaga. Il y eut un temps où tout le monde vivait en harmonie, où le bonheur régnait partout, c'était la belle époque. Depuis que Borit III était monté sur le trône tout s'était dégradé. Les habitants d'Himkalaga avaient connu pour la première fois la famine, la peur, la pauvreté, l'infériorité, bref, la tyranie. C'est pour cette raison que le jour où le dictateur est mort, tout le monde, jusqu'à son propre fils, Tukjo, a sauté de joie et a fait la fête. Himkalaga allait redevenir comme avant, l'amour allair redevenir le seul roi. C'était du moins ce qu'ils croyaient, ce qu'ils croyaient tous. Et moi aussi. Nous avons même négligé les cinq jours de deuil obligatoires et Tukjo a été couroné. Le premier jour après son couronnement, il a délivré tous les esclaves et serviteurs. Le deuxième jour, il a réouvert les temples. Le troisième jour délivré tous les prisonniers. Le quatrième jour il a supprimé l'argent - système instauré par son père. Et le cinquième jour il m'a fait appeler, moi, Lana Atkoï. Je suis donc arrivée dans son palais, ou plutôt ce qui restait du palais de son père. - Assied toi ma jolie, dit-il Je n'avais pas du tout apprécié le ton avec lequel il me parlait. - Non, je préfère rester debout, merci. - Bien, comment vas-tu Lana? Il avait dit cela avec l'accent du pays, Lâna. - Pourquoi m'avez vous fait appeler, Tukjo? Je n'aurais pas du l'appeler par son prénom, après tout c'était mon roi. Mais il m'avait appelée par mon prénom et puisqu'il nous avait promis l'égalité j'étais en droit de faire de même. - Une rebelle, n'est-ce pas? - Pas plus rebelle que justice. - Oui, une rebelle, répéta-t-il en me carressant les cheveux. - Je ne suis pas une poupée! criais-je - Une très belle poupée. Veux-tu m'épouser Lana? - Qu'est-ce que je connais de vous? Et que savez-vous de moi? - Je sais que tu es belle Lana, c'est bien assez. Je t'offrirai tout ce que tu voudras, je te ferai des enfants et... Je le giflais, oui, je l'ai giflé et sans le regretter. Il ne valait pas plus que son père ce Tukjo. -Tu le regretteras Lana, tu le regretteras, me dit-il, sors maintenant et que je ne te revois plus. Je lui lançai un regard glacé et tournai les talons. Je l'avais vexé, je le savais et j'en étais fière. Un feu ardent de vengance brulait en moi. C'est lui qui allait le regretter. Une poupée... Le lendemain, Tukjo rétablissait le système de l'argent. Trois jours plus tard il renvoyaient les anciens esclaves chez ceux qui avaient été leurs propriétaires. Et une semaine après il fermait les temples et envoyait en prison tous ceux qui s'y opposaient. Et moi je jubilais, je savais qu'il faisait tout cela à cause de moi et j'étais fière d'être l'objet de toute cette fureur. Mais ma joie descendit au niveau zéro, voir en dessous, le jour où il fit son discours "Tous les malheurs qui s'abattent sur ce pays ont pour origine un jeune fille nomée Lana Atkoï. Si vous voulez que je rétablisse l'ordre et la paix, amenez-la moi." Ce n'est pas son discours qui faisait baisser mon moral, mais la pensée que tous mes amis pourraient me livrer à ce tyran pour le bien de leur nation. Et c'est ce qui arriva. Pas plus tard que cette nuit là, Kito, Yomaga et Muni, mes trois meilleurs amis vinrent sonner à ma porte. Encore à moitié endormie, j'enfilais mes pantoufles et allais leur ouvrir. - Lana, me dit Kito, il faut te rendre sinon, nous nous verrons obligés de te livrer à Tukjo. - Mais, qu'ai-je fais pour mériter que mes meilleurs amis me trahissent comme ça? J'étais désapointée, je n'aurais jamais cru ça d'eux. - Nous ignorons ce que tu as fais mais regarde autour de toi. Qui es-tu pour prétendre que ton bien être personnel est assez important, plus important que la vie des milliers de gens. Lana, réfléchis une seconde. - Mais, Muni, je n'ai rien fait. - Mensonges! cria-t-elle, Tukjo est trop bon pour faire toutes ces choses sans bonnes raisons. - Tu oses dire qu'il est bon? As-tu seulement vu tout ce qu'il a fait à cause de moi, même si je suis innocente. - Innocente, je ne le crois pas, déclara Kito, mais acceptes-tu de te rendre. Je me levais et le regardais dans les yeux. - Je jure que jamais, jamais, je ne me rendrai à Tukjo. Partez maintenant. Traîtres. Blessé par ma remarque Kito partit suivi de Nimo. Yomaga posa sa main sur mon épaule. - Tu ne vas pas m'abandonner toi? lui demandais-je - Pour rien au monde, Lana. Le lendemain matin, en sortant de chez moi, deux hommes m'empoignèrent. Un d'eux était Kito, l'autre, un inconnu. Ils m'amenèrent de force jusqu'au palais de Tukjo. Celui-ci m'attendait sur les marches. Il me prit par la main et je fus obligée de le suivre jusqu'à la grande cour. Là étaient rassemblés tous les habitants de la ville. Et au premier rang, Muni et Yomaga. Je regardais cette denière et lui criais "Tu m'as trahie toi aussi.". Une larme transparente coula sur sa joue mais je ne la vis pas. - Voici celle qui est l'origine de tous vos malheurs! dit Tukjo. Tout le monde me hua, j'étais là sur le podium et je les regardais tous, j'avais la tête haute et j'étais fière. A prrésent je devais me battre seule, et je réussirai. - Maintenant, si vous voulez que je rétablisse l'ordre, il faudra que cette jeune rebelle accepte les conditions. Elle les connait. Tout le monde me hua à nouveau, sur le visage de Tukjo flottait un sourire ironique. Peut-être avait-il gagné une bataille, mais sûrement pas la guerre. Son sourire s'amplifia, il allait continuer à parler. Alors, pour la deuxième fois de ma vie je le giflais. Tout le monde se tut. - Savez-vous seulement pourquoi il vous fait souffrir autant? Eh bien je vais vous le dire: parce que j'ai refusé de l'épouser. Est-ce un crime de ne pas aimer quelqu'un? Il est écrit dans les Lois que le mariage ne peut se faire qu'avec le consentement des deux personnes. Est-ce un crime de faire respecter les Lois? Il nous avait promis l'égalité, il ne me l'a pas accordée. Tukjo est comme son père. Nous n'allons pas accepter ce qu'il fait, nous ne pouvons pas l'accepter. Nous sommes tous égaux. Disons non au tyran et oui à la justice. - Oui à la justice! Vive Lana! cria Yomaga "Oui à la justice! Vive Lana!" crièrent en écho les cinq millions de spectateurs. Voilà, c'est à peu près comme cela que ça c'est passé. Je vais m'en aller maintenant, rejoindre tous les mortels au pays de l'amour éternel. Alors, Alima Atkoï, toi, ma fille, tâche d'être une bonne reine et de respecter tout ce que je t'ai enseigné. Et surtout, n'oublie jamais: Oui à la justice car nous sommes tous égaux.

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