Un brave petit nain

L'histoire du conte "Un brave petit nain"

PETITES HISTOIRES

Le brave petit nain
une histoire imaginée par Sophie

Il y a très longtemps de cela, en Bretagne, une région de la France, il y avait un village qui s'appelait Carhaix. Au nord de ce village l'on pouvait voir un immense et sombre château. Il était habité par Gouapère, un ogre horrible qui terrorisait les villageois en leur demandant, chaque jour, un petit enfant devant la porte de son château.
Au sud du village, il y avait la forêt, la clairière, et les Korrigans. Ces gentils nains aidaient les pauvres en leur apportant du pain, des noix et des fruits sauvages pendant la nuit. Ils savaient également ce que l'ogre faisait aux gens du village et auraient bien voulu porter quelque secours. Mais un Korrigan n'était guère plus haut que trois pommes, et Gouapère était presque de la taille du grand chêne où vivait le petit Pierric.
Pierric c'était le nom du plus petit de tous les nains de la forêt. Il était bossu et laid, et faisait bien rire les autres Korrigans. Et, lorsqu'à la tombée de la nuit ses camarades faisaient la fête autour d'un joyeux feu de camp, Petit Pierre marchait seul dans la forêt, parlant à ses amis les animaux.
Un jour, Pierric se reposait sur son lit de mousse, et entendit un petit cri étrange. Il crut un instant que c'était un animal, mais se rendit compte que c'était un enfant qui pleurait. Il marcha dans la direction d'où venaient les pleurs, et vit une petite fille, toute sale et vêtue de haillons.
-"Qu'as-tu, petite fille? demanda le nain."
Et l'enfant lui raconta tout. Elle se nommait Gwenaëlle, (un nom typique de la Bretagne) et était née au village. Elle s'était un jour sauvée dans la forêt pour échapper à Gouapère. Depuis, elle vivait seule dans la forêt. Le nain, ému par son histoire et son courage, l'invita dans la clairière.
Effrayés à la vue d'un humain, les autres nains cessèrent leur ronde autour du feu et coururent dans tous les sens. La petite fille les rassura, s'assit sur l'herbe, et commença à leur parler de l'ogre. Les nains l'écoutèrent, enchantés, car ils savaient qu'elle pourrait les aider. "Écoutez, leur dit-elle, j'ai un plan..."
Le lendemain, Pierric et Gwenaëlle se mirent en route vers le château de l'ogre, suivis de loin par quelques autres nains. Ils arrivèrent enfin, et passèrent sans problème les larges barreaux de la porte. Effrayés mais confiants, ils marchèrent dans le château.
-"Qui va là? Serait-ce un enfant? se dit l'ogre."
Puis, il aperçut Pierric.
-"Sale petit nabot! Va-t-en, ou je t'écrase sans pitié! Je hais les Korrigans!"
Et il vit l'enfant. Il courut vers elle pour la capturer, mais le courageux petit nain prit un élan et sauta sur l'ogre. Lorsqu'il arriva à la hauteur de son oreille, il lui proposa un marché.
Au crépuscule, l'ogre viendrait dans la clairière, où l'on aurait dressé une table avec un immense festin. Si le nain mangeait plus que l'ogre, Gwenaëlle serait saine et sauve, et les autres enfants n'auraient plus rien à craindre. L'ogre accepta, se disant que ce n'était, au fond, qu'une autre bonne occasion de se remplir le bedon, et que, à coup sûr, il gagnerait.
Le soir arriva donc, et tous se rendirent dans la clairière. D'immenses tables y avaient été placées, et on les avait couvertes de boeufs et de moutons rôtis entiers, de tartes et de miches de pain. Tout le village était présent, et chacun avait apporté de la nourriture. Puis, l'ogre et le Korrigan commencèrent à manger. C'était bien étrange, car Pierric mangeait autant, sinon plus, que Gouapère. En fait c'était que Guitou, le nain qui travaillait dans la mine, avait creusé un trou profond, juste sous la table. Pierric, tout petit qu'il était, montait sur la table chercher sa nourriture puis, sans que personne n'en sache quoi que ce soit, l'enfouissait dans le trou. Affolé, Gouapère redoubla d'ardeur et mangea, mangea, si bien qu'il en creva.
Les habitants de Carhaix se rendirent tous au château et eurent une bien agréable surprise. Gouapère n'avait pas dévoré les enfants comme bien des gens le pensaient, mais il les avait enfermés pour en faire ses esclaves et en vendre quelques-uns pour s'acheter plus à manger. Car, il faut le préciser, Gouapère veut dire "le père glouton".
Les enfants retrouvèrent donc leurs parents et, depuis ce jour, tout le monde fut heureux à Carhaix.
Quelques années plus tard, on élut un bon seigneur qui habita le château et régna sur le village et les environs. Quand à Pierric, il vit maintenant dans la clairière, et, lorsque le soleil se couche, il chante, danse et fait la fête avec les autres nains.

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