Un vent d'humanisme

L'histoire du conte "Un vent d'humanisme"

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sujetUN VENT D'HUMANISME
À AQUILON auteur Claudine dateaoût 1996

En ce temps-là, sous le chaud soleil qui brûlait le sable des rives d'une petite île appelée Aquilon, vivait un peuple au coeur froid.

Ardeur, une jeune femme aux cheveux et au coeur d'or, avait élu domicile dans ce lieu, quoiqu'un peu à l'écart. Elle déplorait l'absence de communication entre ses concitoyens.

Outre Ardeur, un sage, prénommé Fougue, demeurait sur les terres aquilonniennes. Lassé de vivre en ermite, depuis quelques années il avait tenté, à quelques reprises, d'établir des relations humaines entre ses voisins et lui-même. Il n'y était cependant jamais parvenu, malgré son intelligence et sa ruse légendaires.

Un beau matin, en faisant un bref tour de l'île, il entendit des propos incohérents. En jetant un regard par l'embrasure de la porte d'une de ces petites habitations à pièce unique, il vit un homme, étendu sur son lit, grelotant du corps comme de l'âme et délirant.

Il accourut chez Ardeur qui l'accueillit et fut saisie d'étonnement quand il lui narra ce dont il venait d'être témoin. Aussitôt elle empoigna sa pierre lunaire qui, jusque-là, avait guéri tous les malaises des résidents en un clin d'oeil. Elle se hâta de faire le tour des maisons en entrant dans chacune d'elles. Mais personne ne fut libéré de son mal.

Ardeur retourna donc chez elle, où le sage l'attendait.

Comprenant son échec, il lui dit:
- «Selon moi, cette maladie n'est pas due à une défectuosité du corps, mais de l'âme.»

À ses mots, Ardeur courut chercher son livre de psychologie, l'ouvrit au beau milieu et prononça une incantation suivie d'une description détaillée des symptômes des Aquilonniens. Le livre lui répondit:
- «Je ne connais point ce mal, ni aucun autre semblable. Je ne puis donc t'aider...»

Alors, Fougue et Ardeur décidèrent d'un commun accord d'unir leurs forces. Ils réfléchirent donc ensemble et, au même instant, constatèrent:
- "Cette épidémie résulte probablement de l'indifférence qui règne depuis des générations sur cette île."

Fortifiée par cette idée, Ardeur se précipita sur la place publique toujours déserte et fit apparaître un chapiteau pouvant rassembler toute la population. Cependant, un problème persistait: comment convaincre les gens de s'y rendre? Fougue, qui pensait à tout, sortit d'un précieux flacon une fine pincée de poussière d'or qu'il fit virevolter au-dessus du village, s'aidant de la brise qui, justement, soufflait dans la bonne direction.

Instantanément, les citoyens se retrouvèrent sous le même toit. Embarrassés, ils se regardèrent. Les plus courageux risquèrent un "bonjour", puis, comme par miracle, tous se présentèrent les uns aux autres et s'engagèrent dans de longues conversations. Le mal qui les glaçait s'enfuit sous forme de fumée de neige remontant vers le ciel. Une nouvelle sensation de chaleur et de bien-être les envahissait au fur et à mesure qu'il découvraient les richesses d'autrui.

Les jours suivants furent remplis de joie, de rires et de bonheur. Chacun apportait son grain de sel et mettait de la vie dans ce qui n'était plus, désormais, une exténuante routine, mais un débordement d'énergie fusant de tous les coeurs.

Une banderole aux couleurs vives prit place entre deux arbres géants. Elle portait comme message la morale de cette histoire:"Il ne saurait exister plus grave maladie que la froideur et l'indifférence entre les membres d'une nation." http://www.momes.net
Page en construction permanente, dernier remaniement le
10.08.96

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