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STOP LA VIOLENCE
Manifeste diffusé par un groupe de jeunes et que vous pouvez, à votre tour, diffuser autour de vous
1 - CA PEUT PLUS DURER COMME CA
Nous on dit : ça suffit comme ça. Il y a des crapules dans les
quartiers, comme partout. Trop de violence. Agressions, bagarres,
armes à feu, viols... Les victimes, c'est toujours nous, mais quand
les télés en parlent, c'est pour nous traiter en coupables. On ne
nous écoute plus, on nous condamne. Nous, on veut pouvoir vivre
en paix. Circuler sans avoir peur. Le droit d'étudier sans crainte. On
n'a rien de tout ça. La première des injustices, c'est ça.
2 - RESPECT ? ON SE PARLE SUR UN AUTRE TON
L'agression, ça peut commencer par un regard. Mais c'est surtout
les mots. Certains s'amusent à provoquer et utilisent des mots qui
poussent à la guerre. C'est vrai, tout le monde peut péter les
plombs. Ca arrive. Mais ce langage de défi ! Cette manie
d'imposer sa force sur l'autre, en permanence, ça chauffe les
esprits. Il faut savoir se parler normalement, garder le contrôle.
Certains disent : faut être respecté. Nous on dit : " si tu veux le
respect, commence par respecter les autres ".
3 - PAS BESOIN DE SA BANDE POUR SE PARLER
C'est quoi cette manie d'aller toujours chercher sa bande dès qu'il
y a un malaise ? Règle numéro un : si t'as un problème, tu viens
me le dire. Dès qu'on se parle franchement, on commence à se
connaître. Tout peut se résoudre en se parlant. Mais avec une
bande, pas de dialogue possible. C'est le plus chaud qui gagne.
Résultat : la guerre. Pour rien.
4 - RENDRE LA JUSTICE, CA DEVRAIT ETRE MERVEILLEUX !
Quand on était petit, on rêvait tous de devenir policiers. Certains
nous parlent normalement. Ils connaissent le quartier, savent nous
serrer la main et dire bonjour quand on se croise. La plupart, dès
qu'ils arrivent, ils alignent tout le monde contre les murs et ils
fouillent en hurlant. Ils nous prennent pour les ennemis.
L'insécurité, on est les premiers à la subir ! Mais, pour eux, tous les
Noirs se ressemblent, tous les Arabes sont pareils. Ils s'excusent
même pas quand ils se trompent. En même temps, les armes
circulent partout, et personne ne les saisit ! Nous, pour un bout de
shit, on va au trou, avec une tête au carré à 2 heures du matin ! Et
qui vend les revolvers ? Qui s'occupe de ceux qui vivent de ça ?
Tout le monde a le droit d'être protégé. La police doit montrer
l'exemple.
5 - PAS DE POUVOIR AUX CRAPULES
On est tous protégés par les copains du quartier. Et ça fait du bien
de les savoir là. C'est comme une seconde famille : dans nos
quartiers, c'est la solidarité avant tout. Certains ont transformé leur
bande en clan. Ils excluent les autres. Ils se prennent pour des
guerriers. Ils savent qu'ils font le mal, et ils aiment ça. A la fin, ils
font régner la terreur pour faire monter le bizness. Les crapules
prennent alors le pouvoir. Sur notre dos. Les clans, c'est la mort des
quartiers.
6 - LES MECS QUI PORTENT DES ARMES NE SONT PAS DES
HOMMES
Il y a toujours eu des bagarres dans les cours, les villages ou les
cités. Il y a plein de livres et de films qui racontent ça. C'est pas
terrible, mais ce n'est pas forcément dramatique. Sauf quand des
keums se battent pour une casquette avec des armes. La bagarre
se transforme en guerre ouverte. Et toutes les semaines, il y a des
jeunes qui meurent de ça. Il faut le dire : celui qui part de chez lui
avec une lacrymo, un couteau ou un revolver, même s'il croit que
c'est pour se protéger, il va automatiquement s'en servir dès qu'il
aura un problème. Les armes, ça ne protège de rien, au contraire.
7 - LES MECS QUI FRAPPENT LES FILLES SONT DES
IMPUISSANTS
Ils parlent de respect et se permettent de toucher une fille !
Certains se disent caïds et sont pourtant incapables de parler
normalement avec une fille. Il y a des agressions sexuelles dans de
nombreux lycées et collèges. C'est incroyable d'avoir à expliquer
qu'une fille n'est pas une salope parce qu'elle est fille.
8 - QUAND ON CASSE, C'EST TOUJOURS NOUS QUI PAYONS
Qui peut respecter qui que ce soit quand les murs des lieux où l'on
vit sont sans arrêt salopés, quand la moindre porte est cassée,
quand tout ce qui est à nous est systématiquement déglingué ?
Quand on casse quelque chose dans les quartiers, c'est toujours
nous qui payons, jamais celui qui casse. Ca aussi, c'est injuste. A
croire qu'on laisse des mecs tout casser pour justifier qu'on nous
envoie les flics.
9 - IL FAUT SAVOIR CONTRE QUOI ON SE REVOLTE
Pas les uns contre les autres. Partout, il faut s'organiser, en
association, en réseau, en comité de quartier. On a le droit de se
regrouper, de se mobiliser contre toute forme d'abus de pouvoir.
On a raison de revendiquer. Etre rebelle, c'est important, quand on
est jeune. Etre révolté, c'est être lucide sur le monde injuste dans
lequel on vit. Mais pour avoir une chance de gagner, il faut s'en
prendre aux responsables, pas à nous ! La violence dans les
quartiers, c'est l'injustice pour tout le monde.
10 - UN ECHEC ? C'EST PAS POUR CA QU'ON EST VICTIME
Avoir des échecs, c'est normal. Rien n'est fatal, jamais. Marre
d'entendre les mecs gueuler contre la société, le système, la vie et
ne rien faire pour bouger de là. Que les grands qui s'en sont sortis
donnent l'exemple et montrent aux petits comment ça marche.
Qu'ils aillent dans les écoles, les associations, les quartiers pour
raconter. On peut rêver d'une BMW à 14 ans. Mais dire qu'on est
victime, si on n'en a pas, c'est n'avoir rien compris à la vie. La
violence, la crapulerie, le racket et tout le reste, ça se termine
toujours mal. Il n'y a pas de bandit heureux.
05/07/99
http://www.momes.net
Page en construction permanente, dernier remaniement le
29/03/01
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