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JEUNES ÉCRIVAINS
la page dont vous êtes les auteurs
LE PETIT ORTEIL QUI CHANGEA TOUT
une histoire écrite par
Bryan et Claudine
décembre 1997
Sa belle-mère était devant lui. Mon Dieu! Rêver à sa belle-mère...
Déjà qu'elle habitait chez lui, était-il obligé de partager avec la vieille
femme ses rêves, en plus de son salon et de sa salle de bain?
Car la vieille femme n'était pas facile à vivre. Acariâtre, sarcastique...
Le portrait classique de la belle-mère détestable...
Non pas qu'il ménageait d'efforts pour se faire aimer de la mère de sa
tendre Judith. Non, simplement, il était rendu à un point où il
s'apercevait que tous ses efforts resteraient vains. Voilà. À quoi bon
s'obstiner à lui faire la conversation, à lui dire des compliments sur sa
coiffure ou encore à lui ouvrir la portière de la voiture, en homme galant?
Non, il était rendu à un stade où il se fichait éperdument de ce qu'elle
pouvait penser de lui. Dans tous les cas, ce serait méchant et mesquin,
voilà tout.
Peut-être fallait-il user de psychologie pour comprendre les
agissements de cette vieille poule. Avait-elle été déçue parce que sa fille
n'avait pas épousé l'homme de son choix à ELLE? Avouons que des médecins
riches, beaux, avec un corps d'athlète, des yeux bleu profond et des biceps
aussi gros que son compte en banque, il n'en pleuvait pas. De plus, Judith
n'était pas un modèle de beauté, elle non plus. Mais il l'aimait, voilà tout.
À moins qu'elle ait besoin de cette relation conflictuelle pour mettre du
piquant dans ses vieux jours?
Et cette occasion qui se présentait maintenant à lui... Ce rêve dont il
pouvait disposer à sa façon... Cet escalier devant eux... Et s'il... Oui,
s'il se donnait la satisfaction de l'y pousser? Rien de mieux comme
thérapie que d'éliminer le problème en rêve! Quand il repenserait à tout ça
le lendemain, la regardant, elle... Eux, séparés par un bol de céréales. Il
serait bien plus facile de sourire en sachant qu'un peu de ce pus était
parti cette nuit!...
Et il la poussa. La vieille ne put résister et tomba. Deux secondes plus tard,
elle n'était qu'un paquet inerte sur le plancher de la cuisine.
Lui décida de retourner à son lit. C'est à se moment qu'il se tapa le
petit orteil, tout bêtement, sur la petite table à côté de l'escalier
fatidique. La douleur était intense... A ce moment, il ne put que constater
que ce qu'il croyait être un rêve n'était que la réalité!
Oh, non! Ou... Non... Oh, oui.
©1996 -
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