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JEUNES ÉCRIVAINS
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LA SECRÉTAIRE
une histoire écrite par
Claudine
août 1997
Assise à son bureau, luttant avec peine contre la migraine qui lui
vrillait les tempes et l'empêchait de se concentrer, inconfortable dans ses
souliers neufs, engourdie par le manque d'exercice... telle était Laurette,
la secrétaire de M.Caron, en ce vendredi après-midi du mois d'avril. Le
téléphone n'en finissait plus de sonner et sa machine à écrire avait fait
des siennes toute la journée. Elle ne rêvait que du bon bain chaud qu'elle
prendrait dans la douceur de son appartement. Plus que trente minutes et
elle serait libre pour le week-end. Libre de dormir, de se relaxer, de ne penser qu'à elle...
Se doutait-elle alors que les prochaines secondes seraient décisives? Que sa vie toute entière dépendrait de ce court instant?
Néanmoins, elle feignait l'insouciance, négligeant son travail,
ignorant les sonneries répétées de l'invention diabolique d'Alexander
Graham Bell...
Elle ferma les yeux pour tenter de faire le vide en elle. Lorsqu'elle
les ouvrit, le choc n'en fut que plus grand. Une lumière aveuglante
jailissait maintenant entre le "G" et le "H" de son clavier. Un halo blanc
venu d'ailleurs, d'une autre dimension.
Un bruit soudain derrière elle la fit se retourner. Tout paraissait
encore normal de ce côté-là. M. Caron avait dû frapper son bureau d'un
coup de poing, dans un de ses accès de rage. Un simple paravent séparait le
patron de l'employée.
Lorsque Laurette revint à sa position habituelle, elle remarqua
immédiatement le changement. La lueur était passée d'une blancheur
éclatante à un vif orangé. Elle irradiait maintenant dans toute la pièce.
M. Caron allait-il réagir, venir à son secours?
Il n'en fit rien. Pendant que Laurette se croyait l'innocente victime
d'horribles hallucinations, il pensait simplement que le concierge venait
de changer l'ampoule du plafonnier.
Bravement, la secrétaire effleura des doigts les touches lettrées d'où
semblait venir l'étrange clarté. Peut-être le mirage disparaîtrait-il?
Elle sentit alors une intense chaleur lui brûler la peau, se propager
dans tout son corps...
Un cri, puis plus rien.
* * *
Alerté, M. Caron daigna se lever et mettre les pieds sur l'aire de
travail de sa subalterne. Il ne put que constater, sans vraiment y croire,
la disparition de celle-ci.
Un petit tas de poussière argentée sur la chaise à roulettes était
tout ce qui restait de son employée.
Mais sans réaliser qu'il était témoin d'un phénomène pour le moins
inhabituel, voire surnaturel, il s'écria:
- Un bon coup d'aspirateur et rien n'y paraîtra plus!
©1996 -
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