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Tableau 3 : "Bruitage" Les enfants sont transportés en Amérique...
Un enfant : Mais où sommes-nous ? je ne reconnais pas l'endroit.
Un enfant : C'est encore la faute de ce sacré Barnabé. Si je l'attrape, je lui flanque une correction.
Un enfant : On en a marre de ses rêves. S'il veut rêver, qu'il parte tout seul et
qu'il nous fiche la paix.
Barnabé : Je ne vous ai rien demandé, moi ! ce n'est pas de ma faute si vous êtes transportés avec moi dans mes rêves.
Un enfant : Et puis, écoutez-donc plutôt cette chanson !
Un enfant : Mais qui sont ces gens qui chantent ? Ce sont tous des noirs !
Un enfant : Mais où sommes-nous ?
Un enfant : Peut-être en Afrique ?
Un enfant : Mais non, regarde autour de toi !
Un enfant : Regardez ces immeubles immenses ! on dirait des tours de béton !
Barnabé : Je parie qu'on est en Amérique.
Un enfant : Comment peux-tu le savoir, gros malin ? Tu dors tout le temps pendant
qu'on fait la géographie.
Barnabé : Justement, monsieur. J'étais en train de rêver à l'Amérique, moi !!!
Un enfant : Pas la peine de se disputer ! Allons plutôt demander à ces gens qui chantent.
Un enfant : Pardon ! excusez-nous ! nous sommes un peu perdus. Vous pourriez nous
dire où nous sommes ?
Les noirs : What ? Who are you ?
Un enfant : Ben, nous voilà beaux ! Ils ne parlent pas le français.
Un noir : Ah ! vous... être Français ? nous, Américains ! Moi, je... savoir parler
votre langue.
Barnabé : J' savais bien qu'on était en Amérique. On va pouvoir se comprendre !
Un enfant : Toi, arrête de faire le malin !
Un enfant : Mais qui êtes-vous et que chantez-vous ?
Les noirs : Nous sommes les descendants d'esclaves emmenés par des esclavagistes il y a longtemps déjà et nous chantons Manhattan. Cette chanson raconte la misère de notre peuple.
Un enfant : C'est vrai que des Africains avaient été faits prisonniers et emmenés en Amérique.
Un enfant : Mais pourquoi faire ?
Barnabé : C'est bien la peine de vous moquer de moi. Vous ne dormez pas en classe et vous ne savez rien. Moi, je le sais !
Un enfant : Toi, tu te tais... ou alors tu nous racontes tout.
Barnabé : Pas de problème. Des trafiquants avaient capturé des Africains dans leur pays et les avaient emmenés en Amérique pour les vendre.
Un enfant : Mais c'est horrible, ça. Et on les a laissés faire.
Barnabé : Non seulement on les a laissés faire, mais on les a encouragés à le faire.
Un enfant : Mais qui ça, on ?
Barnabé : Tout le monde. Le gouvernement et la population.
Un enfant : Mais enfin, pourquoi ?
Barnabé : Demandez plutôt à nos amis.
Un enfant : Pourquoi a-t-on fait cela ?
Les noirs : Les gens de ce pays avaient besoin d'ouvriers pour planter et récolter le coton. Ils ont obligé nos ancêtres à le faire.
Un enfant : C'est horrible, ça. Mais vous, vous êtes libres ?
Les noirs : Oui, bien sûr, mais nous continuons à chanter la misère de notre peuple. Voulez-vous chanter avec nous ?
Un enfant : Oh oui, mais je ne connais pas les paroles.
Les noirs : Mais c'est facile. Une fois que tu as commencé, c'est O.K.
Barnabé : Bon, d'accord. On chante avec vous.
Chanson : "Manhattan"
Barnabé : Au fait, comment vous appelez-vous ?
Les noirs : Moi, je m'appelle Simboula, lui, c'est Bomboula et elle, Zimboutoutou. Et vous, qui êtes-vous ?
Barnabé : Je m'appelle Barnabé et voici mes camarades de la classe du CM1.
Un enfant : C'est la faute de Barnabé si nous sommes ici. Il ne fait que rêver en classe et cette fois, il nous a transportés avec lui dans son rêve.
Les noirs : Quelle histoire ! c'est vrai ça, Barnabé ?
Barnabé : Ben, c'est ce qu'ils disent. Alors, moi, je suis bien obligé de les croire.
Les noirs : Ah, sacré Barnabé ! tu m'as l'air d'être un sacré garnement !
Un enfant : Garnement peut-être, mais en tout cas, mes copains et moi, on se demande bien ce qu'on fait ici et comment on va pouvoir retourner chez nous.
Les noirs : Allez ! vous n'allez pas vous disputer pour ça. Aujourd'hui, c'est notre jour de repos et nous aimerions en profiter pour aller visiter le quartier de Harlem. Vous pourriez venir avec nous. Ça vous fera des souvenirs. Vous voulez bien venir ?
Barnabé : Chouette ! Mais comment allons-nous faire pour y aller ? Vous oubliez que nous sommes des Blancs et que Harlem est un quartier noir : il paraît qu'il vaut mieux ne pas s'y aventurer quand on est Blanc.
Froussard : C'est vrai que je ne suis pas trop rassuré. J'aimerais mieux être chez moi avec ma maman.
Un enfant : Quelle poule mouillée, celui-là ! tu n'as qu'à rester ici ! nous, on y va !
Les noirs : Ne vous faites pas de souci, vous êtes nos invités et vous ne risquez rien avec nous. Vous verrez que nos camarades seront très contents de vous voir!
Les enfants : Bon, alors, on y va ? On vous suit. D'accord ?
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