Les deux soleils rouges brillaient sur la ville de Selenea. Le ciel était
dun violet éclatant. Il faisait beau. Des enfants jouaient dans une grotte
de plissmack, une matière ressemblant au cristal. Tout le monde samusait.
Mais sur un hamac en plumes de furms, Nardan se mordait les lèvres. Morvzl,
le messager du royaume, venait de lui apporter une inquiétante nouvelle: le
roi Renautea voulait le voir. Or, tout le monde savait que quand le roi
demandait à voir un guerrier-pilott, cétait pour la plus haute importance
et quil sagissait sûrement dune mission. Nardan sortit de sa rêverie et,
après sêtre étiré tout son soul, il monta sur sa planche à roulette volante
et se dirigea vers une grande colline sur laquelle était juchée une grande
tour dargent, de cristal, de verre et de marbre: le royaume du roi.
*
Le soleil brillait sur Paris. Le ciel était dun bleu éclatant. Il faisait
beau. Des enfants jouaient dans le square. Tout le monde samusait. Mais
Monsieur Chuardz, lui, faisait des va-et-vient dans sa salle de bains en
cherchant désespérément à nouer sa cravate correctement: le président
tenait à le voir. Il monta dans sa Renault espace dont il était très fier et
se dirigea vers lÉlysée.
*
Sur son trône donyx, le Roi Renautea congédia serviteurs, femmes, invités,
enfants, danseuses, danseurs, etc, excepté les conseillers, les grands
prêtres et Nardan.
- Cher guerrier, sais-tu pourquoi je tai appelé?
- Non, Majesté.
- Pendant les vacances dernières, jai logé dans un hôtel spatial. Il y
avait des motos spatiales. Jen ai loué une à lannée.
Quelques heures plus tard, je me retrouvais dans les étoiles, à admirer les
planètes que je voyais défiler à travers la visière de mon casque. Cétait
une belle nuitée: il ny avait ni météorites, ni étoiles filantes, ni
vaisseaux en vue. Je me retrouvais dans le calme et la tranquillité
complète. Mais alors que jadmirais une étoile, une odeur épouvantable me
rentra dans les narines. Un gaz toxique? Je nen savais rien. Cest alors
que brusquement, ma tête devint lourde. Et, contre mon gré, je mendormis.
Quand je me réveillais, jétais au milieu de lunivers (me sembla-t-il),
et un spectacle merveilleux sétalait devant moi: cétait une nouvelle
planète! Oh! Elle était magnifique! Elle était de toutes les couleurs de
lunivers. Puis, sans que je men rende compte, je me rendormis. Quand je
méveillais, jétais environ à 10 mètres de lhôtel. Mais je suis sûr de ne
pas avoir rêvé, car un peu de fumée (parvenant sûrement du gaz) était
restée sur mon casque. Aussi, je voudrais que vous retrouviez cette planète,
à nimporte quel prix.
- Heu... Majesté... Comment ferais-je quand le gaz agira sur moi?
- Et bien, je pense quil vous faudra un ventilateur... Car je crois que,
étant donné que vous ne pouvez pas savoir quand le gaz arrivera, vous devrez
garder votre casque fermé pendant tout le voyage...
- Mais...
- Il ny a pas de mais! Ou vous acceptez dy aller, ou vous nacceptez pas.
Cest à vous de décider.
- Je... jaccepte.
- Bien. Le roi fit un signe de la tête à Nardan et celui-ci sortit de la
pièce.
*
Assis sur une chaise, présidant une longue table, le Président fermait les
yeux.
- Hum, hum! Le président leva la tête, sortant de ses rêves.
- Ha, vous voilà mon Cher Chuardz. Asseyez-vous je vous prie.
Olivier
(Monsieur Chuardz) sassis.
- Bien. Vous êtes sûrement au courant du terrible
drame: les pilotes chargés dexplorer une partie de lunivers ne sont pas
revenus.
- Oui! Je suis au courant! Cest vraiment dommage.
- En effet. Mais il y a une chose que les journalistes nont pas mentionnée
dans leur journal.
- Quoi donc?
- Ils étaient sur le point datterrir sur une nouvelle planète.
- Quoi??? Les journaux nen nont même pas parlé? Et heu...vous voulez que
je termine comme ces malheureux en y allant? Pas question!
- Vous êtes un homme intelligent, Olivier. Vous avez tout compris! De toute
façon, vous êtes obligé dy aller.
Un éclair de malice passa dans les yeux
du vieil homme.
- En plus, vous aurez une compagne: votre charmante cousine.
Jennifer!
- Il est là!
Une femme dune grande beauté apparut aux côtés du Président.
*
Nardan serra sa ceinture de sécurité. Bah! Il verrait bien! De toute
façon, sil mourrait, personne ne le regretterait. Mais malgré ses efforts
pour ne pas avoir peur, Nardan sentit quune grosse boule se formait dans sa
gorge. Aussi respira-t-il un grand coup. Il essaya de se concentrer sur
autre chose. Puis soudain des petits " bip!bip! " le tirèrent de ses
rêveries. Cétait le compte à rebours qui commençait. Nardan ferma les yeux.
Puis une voix électronique se fit entendre dans le haut-parleur:
"ffuufs,
dqudqyud, hsqydhqè, duhdq, fhfsh, go!"
La pilott-navette émit un grand
"Boom!!!"
et la machine fut projetée dun coup dans les airs. Nardan
avait les mains moites de sueur. Puis il se sentit à laise. Après tout
lunivers était magnifique!...Mais aussi effrayant...
*
Olivier manqua de sévanouir: Jennifer aussi faisait partie du plan! "
Mama mia! " sen sortirait-il? Avec une femmelette à bord, bonjour les
dégâts!
La voix de sa cousine le sortit de ses pensées:
- Voyons Olivier! Javais tellement envie de voir tes talents! Laisse-moi
taccompagner! De plus, tu ny connaîs rien, toi, en informatique! Je
pourrais te donner des informations! Et puis...tu sais quoi? Jai eu le prix
Nobel de Pilotage, celui sur lequel je travaille depuis lâge de 12 ans!
Olivier, oubliant un instant sa colère, sécria:
- Mais cest merveilleux! Bravo! Vive la pilote! Et pour te récompenser,
je...heu...
- ...Tu memmènes avec toi?
- Ahhhh!!! Tu mas eu!
Deux jours plus tard, 16h38, la navette des deux pilotes décolla, sous un
tonnerre dapplaudissements.
*
Au bout de quelques minutes, Nardan se retrouva en apesanteur. Il adorait
cela. Pour lui, cétait merveilleux de voler ainsi! Comme si...comme si la
planète avait laché prise. Mais surtout, surtout, le plus difficile était de
manger. Un jour, Nardan avait voulu prendre le pipi de rasczard (une sorte
de sauce tomate), et il sen était mis partout! Enfin, il faut dire que le
casque quil ne devait pas enlever narrangeait pas les choses: il était
obligé de mettre sa nourriture dans un tuyau, dappuyer sur un bouton, et de
mettre le fil dans sa bouche! À part cela, tout allait bien. Cependant, un
soir, Nardan fut réveillé par une alarme. Se précipitant devant le tableau
de bord, Nardan découvrit son problème. Sur lordinateur, il y avait écrit:
"un vaisseau approche. Environ 100km."
*
Au bout de quelques heures, Jennifer et Olivier se retrouvèrent en
apesanteur.
Pendant un moment, Jennifer eut le mal de lair. Il lui fallut 30 médicaments
pour venir à bout du vomi. Olivier lisait le journal "Spounky Niyckro".
Vers 4 heures, les jeunes gens se couchèrent.
Le lendemain, le petit-déjeuner fut bref: ils mangèrent de la soupe aux
vermicelles en sachets. Mais les jours passèrent et les vivres vinrent à
manquer.
*
Nardan se ressaisit. Après tout, ce nétait sans doute quun vaisseau
marchand! Mais les vaisseaux marchands nallaient pas si loin!
Serait-ce...serait-ce...serait-ce un vaisseau extraseleneatesque
(extraterrestre)? Non! Cétait impossible!
*
Olivier et Jennifer commencèrent alors à avoir des crampes destomac: cela
faisait maintenant 1 jour 1/2 quils navaient pas mangé. Une torture!
Les jours passaient et Olivier et Jennifer ne faisaient que dormir - qui
dort dîne -.
Un jour, cependant, ils aperçurent un vaisseau.
*
Et Nardan laperçut. Cétait un vaisseau différent du sien. Il était moins
sophistiqué quune pilott-navette mais son métal était très résistant et
très lisse. "Une vraie merveille", pensa le jeune homme. Il se dirigea
vers le vaisseau inconnu.
*
Olivier et Jennifer oublièrent un instant leur joie: le vaisseau
extraterrestre fonçait sur eux;... Olivier prit alors la parole:
- Faisons
comme si ne rien nétait. Demandons lui -si cest un homme et si il parle
notre langue- si il peut nous donner de la nourriture.
Le vaisseau
sapprochait. Puis, soudain, un "volet" souvrit et lextraterrestre
apparut. Mais...cétait un homme! Celui-ci se mit à parler français avec un
accent du "Sud":
- Bienvenue. Je mappelle Nardan. Et vous?
*
Olivier et Jennifer restèrent un instant bouche bée. Un extraterrestre
pouvait donc parler? Il pouvait donc parler français? Olivier se frotta
les yeux pour voir si il ne rêvait pas.
Jennifer, elle, était aux anges.
Puis, elle se rendit compte quelle était en train de tomber amoureuse.
*
Olivier se tourna vers Nardan:
- Je mappelle Chuardz, mais vous pouvez
mappeler Olivier. Et voici ma compagne Jennifer Chuardz, ma cousine.
Nardan se tourna vers Jennifer quil navait pas remarqué. Alors, lui aussi,
à son tour, tomba sous le charme de la jeune fille. Il se rendit compte
quil était fou amoureux. Il baisa la main de Jennifer avec un bisou
ventouse (une sorte de bonjour à Selenea). Cela ne plut pas beaucoup à
Jennifer. Puis, Nardan sadressa enfin à la jeune femme:
- Cest avec plaisir que je vois enfin un jour des "ÉTRANGERS". Quelle est ta planète?
Jennifer ouvrit la bouche de telle sorte que les gens lauraient sûrement
prise pour un carpe hors de leau:
- Vous... vous... vous parlez la France? parvint à murmurer Jennifer bêtement.
- Ben yes! Dis donc, ça veut dire quoi "vous"?
Jennifer baissa la tête. De toute évidence, dans le pays de cet homme, tout
le monde se tutoyait.
À suivre
du même auteur: Pauline et le méchant roi Stanislas