Je marchais pour aller à la maison, un vendredi après l'école. Je me retourne et vois, plus loin de l'autre côté de la rue, un gars assez costaud portant tous ses livres avec lui.
- Il apporte tous ses cahiers à la maisons une fin de semaine? me supris-je. Ça doit être un de ces "bolés" de classe qui ont toujours des bonnes notes et qui ne raterait rien pour étudier...
Je continue la route. Je commence alors à entendre des coups et des ricanements derrière moi. Je regarde vers le "bolé" et vois que la bande de
"durs" de la classe sont en train de le frapper. Le "bolé" tombe par terre
dans une flaque de boue, en perdant ses cahiers et ses lunettes. Je fais
demi-tour et cours vers eux.
- Vous allez le laisser tranquille? criais-je.
- OHOOOO!!! répondirent les idiots de "durs". Oh la la on a peur!!! Ha ha ha ha ha! Hi hi ha!
- Qu'est-ce qu'il vous a fait pour que vous vous en prenez ainsi à lui?
- Heu... Heu ben...
Comme si leur cervelle ne répondait plus, ils étaient bloqués là, sans
savoir quoi répondre.
- Partez donc chez vous... dis-je, essouflé.
Ils s'en allèrent en courant. Non je crois pas qu'ils aient eu peur. Bien
oui peut-être. Peur de passer pour de véritables idiots. Ils n'ont pas à
avoir peur, ils le sont déjà! Je baisse les yeux. Le "bolé" était en train
de se relever. Il cherchait ses lunettes. Il avait les yeux pleins d'eau. Je
lui redonne ses lunette puis prends ses livres et lui redonne.
- Ne t'en fais pas, lui chuchotais-je, ces gars sont des idiots
de la pire sorte.
- Merci, dit-il d'une voix reconnaissante.
- Je t'ai jamais vu dans le coin. Comment tu t'appelles? lui
demandais-je.
- Christopher, je fréquente l'école privée, de la ville d'à côté.
C'est... c'est normal que tu ne m'aies jamais vu!...
- Ouais! Moi c'est Alex.
Normalement, je n'aurais pas fréquenté quelqu'un qui va à l'école privée.
Mais je ne fais que l'aider. Finalement on était devenus des meilleurs amis. On faisait tout ensemble.
Un jour, au CEGEP, nous sommes allés dans une
grande salle car Christopher devait faire un exposé. Toutes sortes de
personnes étaient là, comprenant ses parents.
Il a donc commencé son exposé oral. À ma grande surprise il a commencé à
parler de notre amitié. Il a raconté que la fin de semaine où je l'ai
rencontré, il avait prévu de se suicider. Il avait vidé son casier pour que
ses parents n'aient pas à le faire. Il ne voulait pas seulement se tuer à
cause de ces brutes qui l'agaçaient, mais aussi à cause d'autres petites et
grosses affaires. Il a dit que je suis arrivé et que j'ai,comme un peu
changé le court des choses.
Il me regardait avec un de ces regards qui te disent que cette personne
est reconnaissante envers toi. Ses parents me regardaient avec ce même
regard et ce même sourire. Je n'ai pu m'empêcher de sourire à mon tour. Je
me sentais bien. Je venais de me rendre compte que j'avais sauvé la vie de
quelqu'un, seulement en l'aidant à se relever et à marcher droit. Seulement
en faisant un sourire et en faisant un détour pour quelqu'un.
Vous voyez, c'est la preuve que faire seulement un sourire et une bonne action pour quiconque, grands et petits,
dans la rue, on peut sauver une vie. Ne vous gênez pas de le faire...