Il y a très longtemps de cela, une baleine qui s'appelait Juliette
vivait au pôle nord sous la banquise dans le désespoir de trouver de
l'eau chaude.
C'était une baleine très frileuse car elle était bien
petite pour une baleine.
Or, un jour d'hiver où le vent était
glacial et soufflait violemment sur la glace, Juliette entendit une voix :
"Pars, Juliette pars. Tu ne seras plus frileuse et tu seras heureuse. Mais, au bout d'un an, tu devras rentrer au pôle nord car sinon tu auras plus froid qu'avant."
Juliette se coucha et s'endormit.
Le lendemain, c'était le grand jour, elle se leva de bonne heure,
mangea et partit. Elle nagea longtemps, sans s'arrêter pour lutter
contre le froid.
Un moment, elle aperçut une toute petite chose qui
pleurait. C'était un hippocampe qui se débattait, sa queue était coincée
sous un rocher. Juliette n'écouta que son coeur et se précipita pour
l'aider.
Tout
heureux d'être libre, le petit animal lui confia une formule magique qui
l'aiderait à surmonter tous les obstacles qu'elle rencontrerait.
Juliette le remercia de sa gentillesse.
Elle repartit, elle sentait déjà l'eau beaucoup plus chaude sur sa peau
et cela lui faisait grand bien. Elle était toute revigorée et elle
avancait insouciante et heureuse.
Quand soudain, elle rencontra
l'immense filet d'un navire qui pêchait dans les environs. Ce filet
était bien gros et elle toute petite. Elle était perdue au milieu de la
centaine de poissons prisonniers comme elle. Elle se souvint de la
formule magique, la récita d'un trait:
"hippocampus hippocampo, délivre
moi illico".
Comme par magie, le filet s'évanouit. Notre Juliette reprit
son chemin, tranquillement.
Bientôt, elle arriva près d'une île. La mer était d'un bleu magnifique et mille coquillages brillaient au fond de la mer, une barrière de
corail étincelait de mille feux.
Petit à petit, elle prit du poids et la voilà bien grosse,
suffisamment grosse pour repartir au pôle nord.
Un an s'était écoulé.
Elle devait respecter sa promesse. Elle repartit admirant une dernière
fois le paysage, mais elle n'était pas triste. Elle était devenue une
jolie baleine et elle savait que plus jamais, même sous sa banquise
glacée, elle n'aurait froid.
