JEUNES POÈTES
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Déraillement

un poème d'
Olivier
août 1998



A la canopée de mon âme
De grands singes hurleurs aux lèvres bleues,
Aux faciès hideux ,
Pleurent, crient, vocifèrent, s’alarment
D’innocences obsolètes et perdues.
Ils jappent ainsi toutes les nuits.
Quand l’ombre inquiétante s’enfuit,
En silence, ils glissent le long des grandes lianes tordues
Vers les sols invisibles, putrides enveloppés de brouillard.
De leurs mains arrondies ils ramassent méticuleusement
Les reliefs flétris des rêves qui s’effacent insidieusement
En s’échappant de leur esprit hagard.
Ils les contemplent un instant,
Le regard triste émerveillé et déçu,
Et sans bruit, presque à leur insu,
Les gobent prestement
Gavés, et comme le bruissement du jour s’amplifie,
Avec quelques dérisoires pantomimes,
Ils regagnent les hauteurs et à contre coeur s’animent
Encore une fois par défi.
Enfin écrasés par ces jeux stupides, ils se couchent
Sur des mondes à l’équilibre instable.
Après quelques caresses lamentables,
Lovés, ils s’endorment en se tordant la bouche.




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