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JEUNES JOURNALISTES

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sujetJournal d'un été
auteurPascale
datenovembre 1999


On a tous une vie... Enfin, si vous êtes en train de me lire vous en avez une... Elle peut être belle par moments, et horrible quelques fois. Je le remarque mieux lorsque je déprime malheureusement. Mais quelques fois je m'arrête, quand je suis heureuse, vraiment heureuse et je me dis que la vie peut être merveilleuse. Mais il faut que j'en profite ; la vie n'est pas toujours aussi belle...

Je suis une fille de 16 ans et j'écris... des poèmes, des histoires... J'écris beaucoup parce que c'est une des meilleures façons que j'ai pu trouver pour traverser les tempêtes de ma tête et de mon coeur. Quand je n'ai plus le goût de rien, quand je me pose des questions existentielles qui demeurent sans réponses, quand j'ai peur de la vie et de l'amour et surtout pour me calmer quand je suis nerveuse ou en colère. Ca me défoule et ça me fait tellement de bien... Parce qu'écrire c'est comme se mettre à nu, se découvrir soi-même d'une certaine manière. Et c'est tellement... agréable. Je ne crois pas que je pourrais un jour arrêter d'écrire. Parce qu'il faut que je fasse quelque chose de mes sentiments. Je ne peux pas tous les garder pour moi... c'est trop difficile.

Présentement nous sommes en juillet, il fait chaud, mais c'est très humide... Mes parents m'ont envoyée passer l'été chez mon cousin, à Montréal. Ses parents sont très gentils, sa maison est superbe, mais mon cousin est un peu... absent. Toujours avec ses amis, à force de me laisser toute seule il me donne la nostalgie de mon petit chez moi confortable. Avec mes propres amis. Pour l'été j'ai hérité d'une petite chambre au sous-sol. Elle est très jolie, mais un peu trop petite à mon goût. J'ai quand même un petit bureau avec une lampe en forme de champignon, pour moi c'est le plus important dans une chambre, un endroit pour écrire. Alors je passe mes temps libres à écrire ici. Je le ferais bien toute la journée, mais ma tante préfère que je me tienne avec mon cousin et sa gang. Même s'ils ne veulent absolument pas m'avoir dans les pattes... Alors ils me laissent aux quatre coins de Montréal, et je passe mes journées seule à errer dans les rues, les parcs et les centre d'achats. Je visite... Et je pense...

10 juillet
Je suis à Montréal depuis environ 5 jours et jusqu'ici mes vacances sont désastreuses, bien loin de celles que j'avais imaginé. Quand nous étions jeunes, moi et mon cousin, on était toujours ensemble, on parlait, on s'amusait. Mais il faut croire qu'avec le temps nos esprits ont pris des chemins différents... Il ne veut plus me parler, il me considère comme une petite fille fatiguante qu'on lui a imposée pour les vacances. Ça me fait de la peine, c'était un très bon ami... Il me comprenait, je pouvais lui dire tout ce que j'avais sur le coeur. Mais il a mis fin à cette amitié et quelque chose en moi est mort, j'ai perdu bien plus qu'un cousin, j'ai perdu un ami en qui j'avais entièrement confiance. Je fais rarement confiance aux gens, car quand je leur fais confiance je suis très vulnérable. Trop vulnérable. Un petit rien peut me blesser. Mais il m'a tuée, je croyais en lui, en sa sincérité, et en son amitié. Mais il me mentait, il me mentait quand il me disait que jamais il ne me laissera tomber, qu'il ne me fera jamais de mal. Je l'avais cru, mais j'avais eu tort. Dans la vie il n'y a qu'une personne sur qui on peut compter. Et c'est soi-même. Mais je ne peux pas m'empêcher de croire en d'autres personnes, parce que j'ai besoin de soutien, de personnes qui peuvent me conseiller et m'aider. Mais il y a une chose qui fait très mal, c'est quand ils trahissent, mentent et massacrent tous mes espoirs. Les espoirs c'est très important, je dirais que dans une vie c'est peut-être le plus important. Parce qu'il faut espérer, il faut avoir quelque chose à attendre dans la vie, une raison de vivre. Sinon pourquoi vivre? Les espoirs c'est très important, et ça en prend, même des petits, des minuscules... Mais parfois je n'ai plus envie d'espérer, parce que quand on espère, on risque d'être déçu. Et les déceptions, c'est pas ce qu'il y a de plus amusant dans une vie. Je dirais que c'est même le contraire. Il y a des moments où je ne veux plus espérer, parce que j'ai trop peur d'être déçue. Des moments où je me dis que ça ne sert à rien d'espérer, que je sais bien que mes rêves ne se réaliseront jamais. Mais il faut espérer, même si on souffre à trop le faire, ne plus espérer c'est comme un suicide. Alors j'espère, et je souffre, mais c'est la seule façon que j'ai trouvé pour vivre. Du moins c'est la meilleure que j'ai trouvée. Donc je vis, pas toujours heureuse, mais je vis pareil.

12 Juillet
Pas grands changements par rapport à mon cousin et mes occupations journalières. Je voudrais juste dire que... à quoi ça sert de vivre si on ne vit pas heureux? Je me le demande. Peut-être parce qu'on espère vivre un jour heureux. Et que cet espoir est si important qu'il permet de vivre. Peut-être.
Ce soir à table, avec ma tante et mon oncle nous avons eu une conversation très intéressante. Nous parlions de moi lorsque j'étais jeune et que je venais passer mes vacances chez eux. Mon cousin était resté manger chez un de ses amis, ma tante avait insisté pour qu'il m'invite, mais j'ai refusé. Alors je suis restée avec mes parrains pour manger. Ils m'ont rappelé de bons souvenirs. Et ils m'ont parlé de personnes dont je n'avais pas entendu parler depuis très longtemps. Des amis avec qui moi et mon cousin jouiont souvent. Celui dont je me rappelle le plus était le voisin d'en face. Nous étions souvent tous les trois. Je me rappelle les soirs que j'ai passé dans ma chambre à m'imaginer dans les bras du voisin. Je l'aimais à la folie. Je crois que c'était le plus gentil garçon que je n'ai connu de toute ma vie. Il avait des yeux ensorcelants et son sourire me faisait fondre. Il s'entendait bien avec nous, mais il était souvent absent. Il était soit chez sa grand-mère soit à un match de soccer. Mais la plupart du temps il nous avertissait lorsqu'il partait. Il parait qu'il habite encore dans sa grande maison de l'autre côté de la route, mais il ne se tient plus avec mon cousin. Une chance peut-être... Je ne devrais peut-être pas, mais j'ose espérer qu'il n'a pas changé. J'irais bien sonner à sa porte, lui demander s'il me reconnaît, s'il se souvient de moi... mais je suis trop gênée. J'ai trop peur qu'il ne se rappelle plus de moi, qu'il soit trop occupé pour me parler ou tout simplement qu'il soit avec une fille...

13 Juillet
Aujourd'hui je suis restée ici, j'ai aidé ma tante à planter des fleurs sur son terrain. Il faisait vraiment beau. Un ciel bleu comme je n'en ai jamais vu. Presque aussi bleu que les yeux du cher voisin. Je n'aurai jamais pu m'imaginer qu'il soit rendu aussi beau... J'étais en train de planter un petit rosier devant la maison, quand la voisine d'en face est venue nous inviter chez elle pour souper demain. Ma tante m'a présentée et la voisine s'est souvenue de moi avec un gros sourire. Elle m'a proposé de venir voir son fils, j'étais très gênée, mais j'ai accepté. Malheureusement il n'était pas là... Sa mère avait oublié qu'il avait un match de soccer... Mais elle m'a montré toutes ses photos, j'étais sur quelques-unes. Je ne l'ai pas reconnu sur la dernière, il a tellement changé... Mais il est tellement beau. J'espère juste qu'il n'a pas changé mentalement... J'ai tellement hâte de le voir. Demain soir nous allons manger chez eux... Je ne sais pas ce que je vais mettre! J'espère qu'on s'entendra bien, comme lorsque j'étais petite.

14 Juillet
Aujourd'hui c'est la fête nationale de la France, et c'est aussi le jour où moi et le gars que j'ai toujours aimé se sont enfin revus après toutes ces années. Je ne savais pas qu'il était possible d'aimer à ce point... Ce n'est qu'en fin d'après midi, vers cinq heures que ma tante se décida à être prête pour aller chez la voisine. J'avais mis une petite robe noire, sans manche. Il faisait chaud dehors, j'étais très gênée mais j'avais très hâte aussi... C'est ma tante qui a sonné, et c'est la voisine qui nous a dit d'entrer. Elle m'a présenté son fils, même si je le connaissais déjà. Je n'ai pas compris ce qu'elle disait, j'étais perdue dans le bleu des yeux de son fils. J'avais oublié son nom, ses cheveux et ses yeux. Je ne sais pas comment j'ai fait pour oublier cela, mais je sais que je ne l'oublierais plus jamais. Ses yeux, mon dieu ses yeux ! Il s'appelle Nicolas, il a des yeux bleus et des cheveux blonds. Il est très gentil. Avant de manger, il m'a amenée dans sa chambre, il m'a dit que j'avais changé, que j'avais grandit. Je lui ai dit que lui aussi. Il ne savait pas trop quoi faire, alors il m'a montré son ordinateur. Mais il l'a vite arrêté, surtout quand il a remarqué que je regardais plus lui que l'ordinateur... Il est si gentil, intelligent, beau... Je pense que je l'aime. Alors il m'a demandé comment ça allait, si j'avais des bons amis, si je m'amusais ici... Je lui ai dit que je m'ennuyais pas mal, que mon cousin était étrange... Et il m'a proposé d'aller se promener dans Montréal avec lui, puisque lui non plus n'avait pas grand chose à faire. Puis nous avons mangé. Et après nous sommes remontés dans sa chambre. Et on s'est rappelé des souvenirs, on a ri comme des malades et on a chanté des vielles chansons...
Demain il va venir me chercher ici et on ira se promener ensemble. J'ai tellement hâte!

15 Juillet
Je pense bien que je n'ai jamais vu un ciel aussi bleu que celui d'aujourd'hui de toute ma vie. D'un bleu pur... J'adore cette couleur! Alors, ce matin je me suis levée, je suis allée voir à la fenêtre et j'ai souri comme une petite fille qui reçoit son premier cadeau de Noël. J'avais vraiment peur qu'il ne fasse pas beau, mais surtout que Nicolas décide d'annuler notre journée ensemble ou qu'il n'ait tout bêtement plus envie de me voir. Mais il ne m'avait pas oubliée. Vers dix heures il est venu sonner à la porte, j'ai répondu et nous sommes partis immédiatement. Il avait quelque chose à me montrer. Il m'a emmenée dans un parc, vert... avec des étangs à quelques places. Puis il s'est assis contre un arbre, et j'ai fait de même. Il m'a demandé si je reconnaissais cet endroit et je lui ai franchement répondu que non. Il m'a souri gentiment et m'a dit que ça n'avait aucune importance, que je finirais bien par me rappeler. Puis il a sorti un cahier de son sac. Notre cahier, un cahier dans lequel nous écrivions des mots, des phrases que nous aimions, j'y avais même composé quelques poèmes. Nous avons relu tout cela ensemble, en riant comme des enfants joyeux mais dans le fond, c'était bien ce que nous étions. J'ai eu l'impression de retourner dans le passé, de le revoir jeune dans cet endroit tellement beau. Je le regardais, mesurant combien il avait changé. Et pendant un instant, un court instant, j'ai bien cru qu'il allait m'embrasser. La journée a vraiment passé vite, nous sommes partis de là dans l'après-midi nous avons marché côte à côte dans la ville. Et pendant tout ce temps, mon coeur semblait fondre dans ma poitrine, coincé, mais heureux de l'être. Alors je crois que ça vaut vraiment la peine de vivre, même si on ne vit cela qu'une fois dans notre vie, c'est si intense, si agréable, que ça a effacé toutes mes peines et mes incertitudes sur la vie.

22 Juillet
Je me suis levée tôt ce matin, je suis allée à la cuisine. Il n'y avait plus de pain alors je suis sortie pour aller en acheter. Le dépanneur est à 4 rues de chez mon cousin, mais il y a un sentier qui passe à travers un champ où il ne pousse plus que des mauvaises herbes. Alors je suis passée par là. Mais quand je suis arrivée au milieu du champ à peu près j'ai vu quelque chose étendue au milieu des herbes. Je me suis rapprochée et j'ai vu un corps. Un corps d'enfant, étendu sur le sol, blanc comme je n'en ai jamais vu. Il portait un petit ensemble bleu et ses cheveux étaient couverts de boue. Quand je me suis rendue compte qu'il était mort, j'ai paniqué, je me suis mise à crier comme jamais je ne l'avais fait auparavant. Je me suis mise à courir vers la maison de mon oncle. Je suis entrée dans la maison affolée. Ils étaient tous dans la cuisine en train de manger. Même Nicolas était là. Quand il m'a vue il s'est levé. Ma tante, inquiète, m'a demandé ce qui ne tournait pas rond. Les mots ont fait fois le tour de ma tête, mais je n'ai pas réussi à en sortir un. Je me suis mise à pleurer. Nicolas m'a pris dans ses bras et m'a calmée. Je leur ai dit d'aller voir dans le champ, que j'avais vu un cadavre. Puis je suis montée dans ma chambre et Nicolas m'a suivie. Je ne sais pas de quoi ce petit enfant est mort, mais je n'ai franchement pas envie de le savoir. Ce que je sais c'est que je suis allée m'asseoir sur mon lit. Nicolas m'a rejoint et il m'a pris dans ses bras. Il me serrait fort, et je me sentais si bien, contre lui. Je sentais son coeur battre, et je l'aimais tellement... Alors je l'ai regardé dans les yeux. Il s'est rapproché de moi. Il a posé ses lèvres contre les miennes, puis il m'a embrassé. Il m'a soufflé quelques mots dans l'oreille, les mots les plus doux qu'il n'aurait pu prononcer "Je t'aime". J'en suis encore toute hynoptisée. Alors je lui ai dit que moi aussi je l'aimais. Je l'ai serré du plus fort que j'ai pu. Je ne me souviens plus combien de temps nous sommes restés ainsi, mais je me souviens combien je me suis sentie bien dans ses bras. Combien j'aurais aimé rester comme ça toute ma vie.

26 Juillet
Je l'aime tellement. On se voit tous les jours, on se promène main dans la main dans Montréal pendant des heures. Il est si gentil! Je n'ai jamais été aussi heureuse de toute ma vie. Il a quelque chose de si romantique. Ses yeux si doux qui me font littéralement fondre. J'aimerais passer toute ma vie dans ses bras. J'aimerais pouvoir toujours entendre ses paroles, si douces et tendres. Je l'aime tellement. Il a de ces petits regards, de ces petits sourires tellement mignons qui me donnent envie d'aller me perdre dans ses bras. Aujourd'hui nous avons passé la plus grande partie de la journée à parler, assis sur des escaliers, regardant les voitures passer. Nous avons parlé de plein de choses. C'est drôle comme j'ai des choses à dire quand je suis avec lui. Les mots sortent tout seuls, aussi naturellement que je fonds d'amour pour lui lorsqu'il me sourit. J'aime tout dans lui, la façon dont il pose ses yeux sur moi jusqu'à la façon dont il attache les boutons de sa chemise. Quelqu'un m'a déjà dit un jour qu'une personne parfaite ça n'existait pas. D'une certaine manière il avait raison, d'une certaine manière... Je crois que tout le monde est parfait pour une autre personne, quelque part dans le monde. Que même les pires défauts peuvent êtres pris pour des qualités. Si on prenait seulement le temps de les observer et d'essayer de les comprendre. J'adore Nicolas et je ne voudrais pas qu'il change. Je l'aime comme il est et je trouve qu'il est parfait comme ça. Je n'ai jamais eu autant confiance en quelqu'un qu'en Nicolas, remarquez que je pourrais me tromper! Parce que c'est vrai ça: on ne connaît jamais quelqu'un complètement, même toute une vie serait insuffisante pour cela! Mais c'est peut-être mieux comme cela. Sinon la vie ne serait pas aussi intéressante. On avancerait dans le temps en sachant exactement ce que le monde ferait, saurait et voudrait. On aurait rien à apprendre des autres; autant dire que les contacts humains serais ennuyant à en mourir. Dans le fond on est sur terre pour quoi? Apprendre? Ouais, peut-être....

30 Juillet
Hier nous avons décidé d'aller camper, Nicolas, mon cousin, sa gang et moi. Mon cousin me supporte plus depuis que je suis avec le voisin. Pour être exacte il me supporte parce que je ne suis jamais avec eux. Alors Nico et moi avons monté notre tente le plus loin possible de la leur. Ce qui signifie à l'autre coté du camping. Nous avons mangé des sandwichs pour souper... Mais c'était si agréable! J'étais avec lui, seule et la situation était si inhabituelle... Je me sentais si bien. Puis nous avons contemplé le coucher de soleil, avec ses couleurs si envoûtantes. Il m'a entraînée dans la tente et il a ouvert une bouteille de champagne. Il y avait une petite lampe de poche assez faible. Nous étions allongés face à face sur notre sac de couchage. Nous avons bu en silence, il me regardait et je faisais de même. Alors il a posé son verre et il s'est rapproché de moi. Il m'a embrassée tendrement. Et pendant ce temps là ses mains se sont mises à déboutonner ma chemise, doucement. Quand il en eut fini avec ma chemise, je le serrais dans mes bras et me suis débarrassée de son t-shirt. Puis il a fermé la lampe de poche et je n'ai plus rien vu avec mes yeux, mais les yeux ne sont pas toujours nécessaire pour voir...
Nous avons fait l'amour. Je ne me souviens plus vraiment après, juste que je me suis endormie à coté de lui et que j'ai fait les plus beaux rêves que je n'ai jamais fait de toute ma vie.

5 août
Ce matin je me suis levée vers 10h30, je me suis habillée et je suis allée déjeuner. Dehors le ciel était d'un gris sale, plutôt lugubre. Triste température ! Moi qui avais prévu de sortir dehors aujourd'hui, peut-être d'aller à la ronde... Alors je suis allée chez Nico pour voir s'il n'aurait pas une idée extraordinaire sur ce qu'on peut faire par un jour pareil. Nous avons passé environ 30 minutes à méditer sur la question. On a finalement conclu que le mieux serait de rester chez lui. Alors il m'a passé un livre et nous avons commencé à dévorer les phrases puis les pages. Au bout d'un certain temps, semblant se réveiller d'un rêve envoûtant, il sortit enfin une idée de sa charmante tête blonde. Tant qu'à rester chez lui à lire des livres qu'il avait déjà lus des dizaines de fois, nous avons préféré nous rendre à la bibliothèque. C'est alors que nous partîmes pour la bibliothèque, le ciel était des plus gris et une pluie fine arrosait toute la région. Mais peu m'importait le ciel gris là-haut puisque j'avais ses yeux pour m'éclairer, me réchauffer et m'aimer. Juste devant la bibliothèque la pluie commença à prendre de l'ampleur. Mais les gouttes étais si espacées qu'on aurait dit un labyrinthe de fils argentés accrochés au ciel. Je partis d'un fou rire et j'essayais de les éviter en faisant de petits zigzags dans le parking de la bibliothèque J'étais une petite fille, à nouveau, je me revoyais avec mes 2 tresses et ma petite jupe fleurie. J'étais heureuse.
Nous sommes restés quelques minutes dehors, sous la pluie, à jouer comme des enfants. Mais je crois qu'on reste toujours enfant quelque part dans son coeur, on peut changer un peu, devenir grands, mais on ne peut pas oublier complètement l'enfant que nous étions et que nous serons toujours dans notre coeur. Il y a des jours où j'aimerais vraiment avoir encore 5 ans, dire tout ce que je pense, m'amuser.
Finalement nous sommes entrés dans la bibliothèque. Nos vêtements dégouttaient un peu partout, laissant le beau tapis derrière nous mouillé comme une éponge. Nous avons fait toutes les rangées, l'un à côté de l'autre à la recherche d'un bon livre. Nous avons lu tout l'après-midi. Puis nous sommes revenus chez nous, c'est la dernière fois que je l'ai vu vivant.

11 août
Vent de misère
Triste lumière
S'acharne sur moi
Comme sur une proie
Mes larmes douloureuses
Ne sont que conséquences
Du couteau tranchant
Que tu as enfoncé en mon coeur
Inconsciemment
Engendrant tant de douleur
Pourrais-tu m'expliquer
Pourquoi ce jour là tu as couru
Comme un enfant vers ton destin
Pourquoi il ne te reste plus
Qu'un corps sur une rue
Étendu, sans vie
M'arrachant à mon coeur, mon esprit
Mes espoirs, mes envies
Pourquoi es-tu parti?
Tu es tout ce que j'ai
Et j'ai tout perdu
Il ne me reste que mes yeux pour pleurer
Et un coeur pour t'aimer
Car je t'aime pour toujours
Je suis emprisonnée

Combien de temps ici je vais passer à t'attendre? Ici isolée dans le noir, muette dans mon désespoir. Je sais que tu vas revenir, me prendre dans tes bras et me parler de l'avenir. Alors je vais t'attendre ici. Mais pourquoi le monde est si cruel? Pourquoi veulent-ils te mettre en terre, sous le prétexte que ton coeur est trop calme, que tu ne respires plus? Ils ne veulent pas me croire, mais je sais que tu vas te réveiller. Je sais que tu n'es pas mort, c'est impossible. Tu t'es fait mal, c'est tout. C'est normal de ne pas être en forme après avoir été renversé par une voiture. Je t'aime, je m'ennuie de toi. Je ne dois plus parler à personne, ce serait comme te trahir. Ils essaient tous de me faire croire que tu es mort. Ils ont tort. J'ai peur... Dis moi qu'ils ont tort. J'ai besoin de toi, j'ai peur ici, je pleure. Viens me chercher, je t'en prie. Je ne peux plus dormir, je pense à toi toute la nuit, et si je m'endors, je fais des cauchemars. Je ne peux pas vivre sans toi. Pourquoi tu n'es plus là? Reviens... je t'en prie. J'ai juste envie d'être avec toi, d'entendre ta voix...

13 août Pourquoi? Pourquoi faut-il qu'ils aient raison? Je t'ai attendu, mais tu n'es pas venu. Je ne sais plus quoi faire. Je ne veux plus rien faire. J'aimerais être dans tes bras, me foutre du reste. Je t'aime Nicolas. Il n'y a que toi qui pourrait me faire vivre. Parce que sans toi, il n'y a pas d'espoir. Sans toi il n'y a plus rien, c'est les souvenirs qui refont surface. Et je ne peux pas vivre avec des souvenirs. Je veux vivre avec du présent et du futur, mais sans toi, ces deux temps la n'existent pas. Et alors, si tu ne viens pas à moi, c'est moi qui irais à toi...



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27/07/99