TOGO DÉCOUVERTE
Le Togo
présenté par Fernand Ackey
Le journal Togodecouverte fait découvrir au lecteur
un pays marqué par la diversité de ses caractères
physiques et humains.
Le touriste ne sera pas
insensible aux beautés du pays changeant au rythme
des saisons et, s'il est poète, il y trouvera une
source d'inspiration.
Plaines d'origines et d'âges
divers, aux aspects variés, plateaux, collines de
l'Atakora sont autant de sites d'élection pour le
promeneur, d'intérêt pour le géographie.
L'ethnologue
pourra porter ses observations sur une population,
qui quoique peu nombreuse, groupe une multitude
d'ethnies aux particularités culturelles tranchées et
vivaces, malgré l'influence pénétrante du moderne.
L'historien apprendra que cette diversité ethnique a
son origine dans le passé mouvementé de cette étroite
bande de terre qui fut longtemps un couloir de refuge
entre l'empire Ashanti à l'ouest, le royaume d'Agbomé
plus récent, à l'est, et les vieux empires et
royaumes Mossi au nord. Les contacts entre ces
populations ont tempéré le contrastes des longues
vagues de migrations, dont le souvenir se perpétue
encore dans les événements de la vie nationale.
En 1884, la colonisation allemande engloba tous ces
peuples à l'intérieur de frontières, délimitant le
territoire togolais, et l'une des originalités du
pays est d'avoir été soumis à trois cultures
coloniales, allemande, l'anglaise et la française.
Les colonisations successives tentèrent de
transformer une mosaïque hétérogène en une entité
administrative cohérente, mais laissèrent en 1960,
quand le pays accéda à l'indépendance, un héritage
dont les traits essentiels étaient ceux du sous-
développement et d'une notion non encore édifiée.
Les caractéristiques économiques du
sous-développement apparaissent en particulier dans
l'agriculture, dont la très faible productivité
s'accorde mal avec la place qu'elle occupe par
rapport aux autres activités nationales. Partagée
entre une production destinée à l'exportation, dont
le profit est sans cesse érodé par la pression du
marché international, et une production vivrière
consommée localement. Mais, jusqu'à présent laissée
pour compte, elle fait maintenant l'objet de
préoccupations gouvernementales : ses structures
seront transformées et sa productivité accrue pour
satisfaire les besoins sans cesse croissants du
marché intérieur.
Les investissements ont augmenté dans des proportions
insoupçonnées depuis l'indépendance, orientés vers le
développement de la production agricole considérée
dans les plans du gouvernement comme la « priorité
des priorités » afin que le pouvoir d'achat des
Togolais soit, dans une certaine mesure, protégé
contre les soubresauts du marché mondial.
Petits pays dont le bas niveau de développement
technologique contraste si étrangement avec la fierté
des homme, leur sens de la dignité et leur permanente
disponibilité à mettre leurs facultés au service de
la recherche d'un meilleur mieux-être collectif, le
Togo a profondément conscience de son exiguïté
territoriale que complique singulièrement le
problème de son développement. Dès lors on comprend
l'impétueuse volonté par laquelle le pays s'oriente
vers l'appartenance à un espace géo-économique plus
vaste, en l'occurrence, cet espace ouest-africain aux
possibilités si prometteuses.
Les auteurs de togodecouverte universitaires,
responsables de services, presque tous togolais, ont
su harmoniser la rigueur scientifique à une
connaissance profonde du pays pour produire ce site
que l'internaute saura apprécier.
Par leur
objectivité dans le choix des données et la
présentation des faits, par la clarté de la
traduction cartographique, ils satisfont les
exigences aussi bien des élèves et de tous ceux qui
aiment le togo et plus généralement du vaste public
désireux de mieux connaître ce petit pays de charme.
Momes.net et le journal tricolore en passant par le
journal des étudiants corse en hébergeant ce journal
ont répondu à une attente. Leur initiative mérite
d'être saluée en même temps que le courage de ceux
qui pensent que la seule bataille qui vaille la peine
d'être menée est celle à la fois contre le
sous-développement et l'obscurantisme.
Géographie du Togo
Relief -
La présence d'une chaîne montagneuse prenant le pays
en écharpe et l'existence de vastes plaines
alluviales au nord et au sud constituent les éléments
marquants de l'orographie togolaise.
La chaîne de l'Atakora.
D'orientation S.O.-N.E.,
cette chaîne, qui s'étend sur 850 km depuis le
littoral au S.O. d'Accra jusqu'au fleuve Niger, se
développe surtout au Ghana, au Togo et au Bénin
septentrional. Sa plus grande extension se trouve
néanmoins sur le territoire togolais où elle forme la
chaîne des monts du Togo. Celle-ci prend le pays en
écharpe sur près de 360 km et sert de frontière à
l'ouest sur 200 km environ. Elle est cependant
relativement étroite, puisque sa plus grande largeur
atteint à peine 60 km aux latitudes d'Atakpamé et de
Bafilo. Son versant oriental présente une multitude
de collines schisto-quartzitiques mamelonnées
séparées par une série de vallées torrentielles sous
forme d'entonnoirs, tandis que le rebord occidental
est, en revanche, rectiligne et peu échancré.
C'est entre Kpalimé (6° 57 N) et Atakpamé (7° 50 N)
que les altitudes sont les élevées; elles atteignent
en moyenne 800 m avec parfois des sommets plus
hardis, surtout sur les bordures : 972 m à
Dzogadzeto, 941 m à Atilakoussé, 936 m à Odalakpodji.
Profondément disséquée par l'érosion, l'Atakora est
hérissée de barres de même orientation que la chaîne,
donnant à l'ensemble l'aspect d'un relief
pseudo-appalacheien.
Les vallées, relativement
profondes (200 à 400 m), sont de véritables gorges
qui individualisent toute une série de hautes terres
appelées « plateaux » ou « monts ». Ce sont : les
plateaux de Kloto, Kouma, Danyi, Akposso, Akébou,
Fazao, Malfakassa et les monts Défalé. Au total, un
relief herté, « tout bossu », sans commune mesure
avec les paysages de la pénéplaine voisine.
Les plaines. La plus vaste est la plaine orientale
qui s'étend entre le 6° 30 N et le 9° 20 N. elle se
relève progressivement du sud vers le nord, avec une
pente moyenne de un degré entre les altitudes 100 m,
immédiatement au nord de Tsévié, et 400 m dans la
région du Tchaoudjo. On peut y distinguer toutefois
deux unités orographiques séparées par la courbe de
200 m : une partie méridionale de pente faible du
nord de Tsévié jusqu'au voisinage d'Anié et une
partie septentrionale de pente nettement plus
accusée.
Dans la Région des Savanes se trouve la plaine
d'inondation de l'Oti où ce fleuve et ses affluents
divaguent, décrivant de nombreux méandres avant de
s'échapper vers la Volta. Les altitudes y sont
naturellement très basses, autour de 110 m et les
pentes très faibles. Platitude désolée que
l'importance et la fréquence des inondations ont
rendu longtemps impropres à la mise en valeur
agricole, la plaine de l'Oti révèle de plus en plus
des aptitudes favorables à la riziculture inondée,
notamment dans les régions de Mandouri.
Enfin, à la retombée occidentale du plateau du Fazao,
la petite plaine du Mô-Fazao s'ouvre plutôt sur la
Ghana. Plaine enclavée, bloquée par la muraille du
Fazao, elle est très faiblement cultivée malgré sa
fertilité.
Les plateaux et les monts. Outre les hauteurs de
l'Atakora, le plateau de Dapaong marque de son cachet
le pays Moba où il est dominé par une série de «monts» aux versants abrupts; il s'agit des monts
Niassété, Boumbouaka et Bikoro; ils sont prolongés
vers l'ouest par le spectaculaire escarpement de
Gambaga surtout développé au Ghana.
En deçà de la
chaîne des monts du Togo (notamment le chaînon de
Défalé), la chaîne de la Lama, la montagne d'Assiré,
le mont Djamdé font figure de montagnes par rapport
aux bas pays qu'ils dominent.
Enfin, entre le mont
Agou et les massifs Kabyè se succèdent dans une
orientation S.S.O-N.N.E., une série de sommets isolés
marqués surtout par les hauteurs de Djabatoré et de
Kpélé (Haïto, Mélindo, Toutouto, Zioto). Certaines de
ces hauteurs sont des inselbergs dont les plus
remarquables s'observent plutôt entre l'Est-Mono et
la région de Togodo : Okéguito, Okékamina,
Igboloudja.
Enfin, le plateau de terre de barre prolonge vers le
sud la plaine orientale et couvre plus des deux tiers
de la Région Maritime. Il forme une surface
légèrement inclinée du nord vers le sud et domine la
zone lagunaire d'une vingtaine de mètres. Il est
traversé presque en diagonale par la dépression dite
de la Lama et du nord au sud par les plus importants
des cours d'eau venant de l'Atakora ; ceux-ci
(notamment le Mono, le Haho, le Sio et certains de
leurs affluents) ont, par de très larges vallées,
morcelé la surface en une série de petits plateaux
dont les plus remarquables du point de vue de leurs
altitudes sont le plateau de Kouvé (150 m), le
plateau de Tsévié (90 m), le plateau de Noépé.
La zone lagunaire et le littoral.
Le plateau de
terre de barre forme parfois une véritable falaise
au-dessus de la zone lagunaire. Celle-ci, dont
l'altitude est par endroits inférieure au niveau de
la mer, comporte un partie avec plan d'eau
discontinu. L'aménagement de cette zone entre Bè et
Aflao a donné naissance aux « lacs » de Lomé. Quand
au littoral, il forme une côte basse, sableuse avec
parfois des baies à grand rayon de courbure.
L'importance prise par l'érosion marine depuis une
quinzaine d'années modifie sa configuration en lui
donnant un aspect escarpé par endroit, notamment au
niveau d'Agbodrafo et de Baguida.
En définitive, c'est cette grande variété de formes
de relief sur un territoire dont la superficie est si
faible qui fait une des particularités du Togo par
rapport à beaucoup de pays d'Afrique occidentale.
Elle résulte d'une longue évolution dont certaines
séquences sont particulières à cette région.
L'orogenèse, accompagnée de mouvements tectoniques,
explique l'importance des cassures et parfois des
failles dont l'une des plus représentatives est la
faille d'Alédjo ; et le remodelage de cet ensemble
par une érosion millénaire donne au relief ce
pittoresque qui fait l'attrait du pays.
Climat
Le Togo appartient à la zone chaude et plus ou moins
humide des pays du littoral sub-équatorial
ouest-africain. Mais, par sa forme, son extension en
latitude, la variété de son relief, les climats,
notamment dans le sud du pays, sont originaux.
Eléments de circulation atmosphérique générale. Le
climat est directement influencé par la circulation
atmosphérique qui prévaut en Afrique de l'ouest et
qui est animée par deux centres variables de hautes
pressions (anticyclones), qui dirigent
alternativement leur masse d'air vers la zone des
basses pressions sub-équatoriales.
En janvier un puissant anticyclone saharien donne
naissance à un flux d'air tropical continental sec et
chaud de secteur nord-est : c'est l'alizé continental
boréal ou harmattan. Symétriquement, l'anticyclone
austral ou anticyclone de Sainte-Hélène émet un flux
d'air tropical maritime humide et chaud de secteur
sud-est : c'est l'alizé maritime austral. Cet alizé
franchit perpendiculairement l'équateur, puis il
s'infléchit dans une direction S.O-N.E, quand il
atteint la côte du golfe de Guinée et pénètre plus ou
moins profondément à l'intérieur des terres jusqu'à
sa rencontre avec l'harmattan. la zone de contact est
appelée front inter tropical (FIT).
Le rôle
générateur de pluie de la mousson est moins accentué
que dans les pays côtiers voisin (Côte d'Ivoire,
Ghana) à cause de la position géographique du
littoral situé plus au nord.
Les fréquentes
incursions du FIT vers le sud, en décembre-janvier
notamment, s'ajoutent à cet effet. L'harmattan peut
souffler à cette époque sur l'ensemble du pays
jusqu'au voisinage de l'océan, vers 6°de latitude
Nord, entraînant une chute brusque de l'hygrométrie
pendant quelques heures ou quelques jours ; ceci
s'accompagne de brume sèche avec forte luminosité.
Cependant la visibilité est réduite au point de
perturber parfois les mouvements d'avions sur
l'aéroport de Lomé.
En juillet, l'air maritime, appelé mousson, envahit
l'ensemble de l'Afrique occidentale au sud Sahara
pour deux raisons :
- d'une part, les mouvements atmosphères suivent le
mouvement apparent du soleil. L'anticyclone saharien
et l'anticyclone de Sainte-Hélène se déplacent vers
le nord en entrraînant le FIT.
- D'autre part, l'air saharien surchauffé, donc
allégé, s'élève en créant au niveau des basses
couches de l'atmosphère une dépression d'origine
thermique suffisamment creusée pour aspirer l'air
maritime humide et chaud, généralement instable, donc
générateur de pluie.
L'installation de la mousson correspond à l'hivernage
plus ou moins long du climat soudanien, c'est-à-dire
à la saison des pluies. En climat guinéen,
l'hivernage se dédouble en grande et petite saisons
des pluies encadrant petite et grande saisons sèches.
Ces alternances découlent du fait que l'épaisseur de
la couche de l'air de la mousson augmente vers le
sud, et qu'on peut y distinguer trois zones
pluviométriques affectant successivement en totalité
ou en partie le territoire togolais :
- une première zone large de 400 km au sol, peu
épaisse, peu pluvieuse. Elle correspond aux périodes
d'installation et de retrait de l'hivernage.
- une deuxième zone plus large de 1 200 km au sol,
plus épaisse, instable et très pluvieuse. Il s'y
forme notamment des nuages à grand développement
vertical, énormes réservoirs de pluie : les
cumulo-nimbus. C'est le coeur de la mousson.
- Une troisième zone n'affecte que le tiers
méridional du pays, et correspond à l'avancée
maximale du front de mousson sur l'Afrique de
l'Ouest. Bien qu'étant très épaisse, cette mousson
postérieure est stable, donc plus pluvieuse. Elle
explique l'existence de la petite saison sèche.
Particularités géographiques. L'effet orographique.
La présence d'un relief quelconque, voire la seule
rugosité du sol, engendre des turbulences et un
mouvement ascendant de l'air. en se refroidissant, la
vapeur d'eau se condense et engendre la pluie. Il
pleut donc davantage, et pendant plus longtemps, dans
les régions montagneuses.
Position des masses d'air
- Situation en janvier-février :
La position septentrionale du littoral, déjà
mentionnée, favorise l'installation d'un régime
d'harmattan, même au niveau de la côte du golfe de
Guinée. Une telle situation météorologique,
exceptionnelle à Abidjan, est fréquente à Lomé en
décembre et janvier, et peut durer plusieurs jours
consécutifs.
La situation et l'orientation de la côte. La côte est
protégée du flux de la mousson, notamment à l'est du
cap Saint-Paul. Une ligne de côte disposée
perpendiculairement à la trajectoire des vents
pluvieux élève la pluviométrie. Inversement, un
rivage oblique ou parallèle aux vents dominent
engendre une baisse de la pluviométrie le long du
littoral. De plus, les reliefs du Sud-Ouest togolais,
alignés transversalement au flux de mousson,
déclenchent des pluies orographiques « au vent », et
un effet de foehn « sous le vent ».
- Types de pluies: pour qu'il y ait pluie, trois
conditions doivent être remplies : l'air doit être
humide, instable et doit pouvoir s'élever
suffisamment. La pluie peut présenter des caractères
divers suivant le lieu et l'époque de l'année :
- en toutes saisons dans le sud, en saison pluvieuse
dans le centre et le nord, des orages peuvent éclater
et provoquer des pluies locales, brèves, violentes,
parfois très nourries. Un gros orage peut parfois
expliquer un écart pluviométrique important entre
deux stations distantes de quelques km seulement
l'une de l'autre. ces perturbation interviennent
pendant ou après les heures les plus chaudes de la
journée.
- Les lignes de grain intéressent un espace plus
vaste de plusieurs dizaines de km de développement.
Le déroulement de la perturbation est invariable : le
ciel se charge de gros nuages noirs (cumulo-nimbus) à
l'est, la lumière devient blafarde et, rapidement un
violent coup de vent d'est (tornade) précède une
averse orageuse d'abord très intense puis prolongée
par une traîne de plusieurs heures parfois. Les
hauteurs de pluie sont ici supérieures en moyenne au
cas précédent. Ce sont des pluies d'installation et
de retrait de la mousson. Leur importance agricole
est considérable au début de la saison des pluies.
Elles humidifient le sol, le rendent cultivable, et
assurent la germination et le démarrage de la plante.
Une interruption de ces pluies peut être fatale pour
les cultures et nécessiter un deuxième ensemencement.
- les pluies de mousson interviennent au milieu de la
(des) saison(s) des pluies. Elles ont des caractères
différents : ce sont des averses à intensité
variable, moyenne à faible en général, avec quelques
séquences à forte intensité, non précédées de
tornades. C'est la durée et non la violence qui
explique ici la hauteur des pluies et c'est heureux
pour les cultures dont les parties aériennes
souffriraient beaucoup d'averses violentes répétées.
Eléments du climat
Les températures - Le maximum
absolu, relevé à Mango au mois d'avril est de 41°
tandis que le minimum absolu est observé à Sokodé
avec 12° en novembre.
Le climat est donc constamment
chaud sans être excessif. Comme dans l'ensemble du
monde tropical, l'amplitude diurne dépasse
l'amplitude annuelle.
A Lomé, par exemple,
l'amplitude diurne maximale atteint ou dépasse 10°
sauf en septembre (8° 1). A Mango, l'écart varie
entre 11° 8 en septembre et 20° 6 en novembre. Ces
chiffres sont à comparer aux 3° d'amplitude moyenne
annuelle de Lomé, aux 5° 9 de Mango. Il faut noter
aussi que c'est en saison pluvieuse que l'on relève
la température moyenne mensuelle et l'amplitude
diurne maximale les plus faibles. Inversement, en
saison sèche, on relève la température moyenne
mensuelle et l'amplitude diurne maximale les plus
fortes.
L'humidité relative est très variable d'une station à
l'autre, d'une saison à l'autre et même au cours
d'une période de 24 heures. Dans le sud du pays, elle
est constamment élevée : souvent plus de 80%, parfois
plus de 90%. Dans le centre et le nord, elle est
faible, et même très faible en saison sèche (18% en
janvier à Mango), très forte en saison des pluies
(86% en septembre à Mango). Quelle que soit la
station de référence, l'humidité relative diminue aux
heures les plus chaudes de la journée et augmente à
la tombée de la nuit, ce qui explique en climat
Guinéen la fréquence des rosées matinales. Une
humidité relative élevée signifie aussi un ciel
fréquemment nuageux et une évaporation faible.
Les vents déplacent des masses d'air de température
et d'humidité variables qui assèchent l'atmosphère.
ils agissent comme facteurs limitants de l'humidité
relative. Mais ils ne sont pas consistants.
Le
passage de la saison sèche à la saison pluvieuse est
marqué par un renversement de la direction du vent
dominant en climat soudanien : l'alizé maritime de
S.O. remplace l'alizé continental de N.E. Le premier
ventile (comme la brise de mer sur la côte), mais
poussant devant lui l'air maritime humide, il ne peut
abaisser l'hygrométrie. L'autre modère la chaleur
diurne, assèche sensiblement l'air, élève le niveau
de l'évaporation et rend compte du froid nocturne de
la saison sèche et fraîche.
La pluviométrie
Les isohyètes moyennes annuelles montrent trois régions pluviométriques au Togo :
- la « région maritime » entre Notsè et la mer est
caractérisée par un déficit pluviométrique
remarquable. Lomé-ville, la station la moins arrosée
du Togo, ne reçoit que 811,3 mm de pluie par an. De
là les totaux augmentent vers l'est et vers le nord,
mais à Notsè, les 1 200 mm ne sont pas encore
atteints. Ces chiffres se retrouvent dans l'ensemble
du bassin oriental du Mono jusqu'à la latitude de
Tchaoudjo.
- A l'ouest d'une ligne Notsè-Kpagoude, et jusqu'au
nord de Kanté, la siagonale montagneuse est aussi une
diagonale humide et les relèves pluviométriques se
situent à un haut niveau : 1 550 mm à Kpalimé, 1 522
mm à Fazao, 1 564 mm à Niamtougou. Même en dehors de
la montagne les stations voisines restent bien
arrosées : 1 348 mm à Atakpamé, 1 412 mm à Tchaoudjo,
1 324 mm à Lama-kara.
- au nord de Kanté, le gradient pluviométrique
redevient zonal en même temps que les totaux
diminuent : 1 087 mm à Mango, 1 033 mm à Dapaong.
Avec les cartes saisonnières, sans que soit effacé le
dispositif essentiellement méridien central, les
tendances rythmiques suivantes apparaissent:
- janvier est très peu arrosé sur l'ensemble du
territoire et même statistiquement sec dans l'extrême
nord. Seuls les reliefs du sud et du centre
provoquent des pluies plus abondantes : 28 mm à
Kpalimé, mais seulement 6,5 mm à Fazao.
- En avril, la mousson a recouvert tout le pays. Au
Sud, la grande saison des pluies est déjà bien
entamée, presque toutes les stations reçoivent entre
100 et 150 mm. Dans le centre et même dans le nord,
l'hivernage démarre progressivement : 105 mm à
Tchaoudjo, 51 mm à Dapaong.
- Août est caractérisé par l'opposition entre le
tiers méridional et le reste du pays. Au sud, le
déficit pluviométrique, très sévère sur le littoral
(21 mm à Lomé-ville, 9 mm à Aného), moins extrême en
montagne (125 mm à Kpalimé) définit la petite saison
sèche. Au nord, sur les reliefs et dans le bas pays,
la saison pluvieuse est à son apogée et de nombreuses
stations reçoivent plus de 250 mm d'eau.
- Octobre marque le reflux graduel de l'onde
pluvieuse vers le sud : 60 mm à Dapaong, 124 mm à
Tchaoudjo. Dans le sud, au contraire, la saison des
pluies s'apparente au deuxième paroxysma
pluviométrique annuel : 191 mm à Kpalimé, 104 mm
Lomé.
En conclusion les types de climats sont définis par
les différents éléments présentés ci-dessus, et les
diagrammes ombro-thermiques en donneent une image
simplifiée mais suffisante. Deux types climatiques
majeurs sont représentés :
-- le climat subéquatorial ou guinéen défini
par deux traits :
- il y a deux saisons des pluies. La première, dite
grande saison des pluies dure de mars à juillet avec
un paroxysme en juin. Le seconde dite petite saison
des pluies, a lieu en septembre et octobre, le
deuxième maximum ayant lieu cette fois en octobre.
Mais l'humidité relative est constamment élevée d'un
bout à l'autre de l'année.
- l'amplitude thermique moyenne annuelle est écrasée
(3° à 4°) et contenue dans des limites « tempérées »
(25° à 29°).
L'originalité du climat guinéen togolais
tient à sa faible pluviométrie, et corrélativement au
nombre anormalement élevé de mois considérés comme
secs. En moyenne, on en dénombre 5 à Lomé, mais du
fait de l'irrégularité du régime des pluies, ce
chiffre peut être largement dépassé.
L'approvisionnement en eau de la ville est d'ailleurs
un problème sérieux.
-- le climat soudanien est un climat tropical
vrai. Il répond à deux critères :
- il n'y a qu'une saison des pluies dite hivernage,
dont la durée diminue du sud au nord : 6 mois à
Tchaoudjo de la mi-mars à la mi-octobre, 5 mois à
Dapaong du 1er avril au 1er octobre. Le maximum
pluviométrique est en septembre à Tchoudjo, en août à
Dapaong. C'est dire le profil nettement dissymétrique
de la répartition des pluies pendant l'hivernage.
l'humidité relative fluctue sensiblement au cours de
l'année : très élevée en hivernage (85% ou plus),
elle est très faible en saison sèche (20% ou moins).
L'amplitude thermique moyenne annuelle est légèrement
plus marquée (4 à 6°), soulignée notamment par une
élévation des moyennes mensuelles maximales (31°8 à
Mango en mars).
La limite entre les deux climats se situe vers le
parallèle 8 Nord.
Peuplement et histoire
Le « Togo » précolonial
D'une manière générale et dans ses grandes lignes, le
peuplement du Togo se caractérise par l'existence de
deux zones séparées par un no man's land qui s'étend
approximativement entre les 7e et 9e parallèles nord.
Du 7° degré de latitude Nord jusqu'à la côte, le pays
est occupé par le groupe Aja-Ewé, dispersé à partir
des villages historiques de Tado et Nostè,
probablement entre les XIVe et Xve siècles.
A la fin
du XVIIe siècle s'y joint une nouvelle vague de
populations composées de Fante, Gâ, Adangbe, Atchem
(Kpessi) venues de la Côte l'Or.
Puis ce fut durant
la première moitié du XIX e siècle, l'arrivée d'un
troisième groupe d'immigrants formé de Fon, Yorouba
(Ana), Mahi fuyant les armées danhoméennes. Ceux-ci
avaient trouvé sur place les Akposso, Adélé, Akébou..., qui vivent aujourd'hui dans la région montagneuse
du centre.
Ces populations, numériquement peu importantes, ont
dû subir la loi du plus grand nombre, et, pour garder
leur identité, se seraient retirées dans la région
montagneuse d'accès plus difficile, laissant la
plaine aux nouveaux venus.
L'organisation politique
des Ewé, Ana, Fon et Mahi du Togo se caractérise par
l'existence de petites chefferies locales parfois
réduites aux dimensions d'un village.
Quant aux Gè
(Gâ et Fante), ils ont su organiser au XVIIIe siècle
un royaume assez important - avec Glidji pour
capitale - dont le déclin survint cependant au début
du XIXe siècle par suite des luttes civiles, entre
les cabécères Lawson et Adigo pour la suprématie à
Aného.
A partir du 9e parallèle, commence le
peuplement nordique au sein duquel on distingue en
gros deux couches de populations.
Une couche très
ancienne dont l'histoire des origines se pert dans la
nuit des temps. Celle-ci fait très souvent descendre
l'ancêtre éponyme du ciel à l'aide d'une corde, ou le
fait sortir de terre en compagnie de son épouse.
A
cette couche appartiennent les Losso, Kabyè,
Tamberma, Ngangan, Konkomba, les Cotocoli du clan
Mola, les anciens Bassar et autres petits groupements
aujourd'hui phagocytés par une nouvelle vague
d'immigrants arrivés sur les leux entre le XVIIIe et
le XIXe siècle.
Parmi ces nouveaux venus on trouve
les Anoufo de Kroumania (est du pays Agni en Côte
d'Ivoire), aujourd'hui Tyokossi de Mango (N'Zara), la
majeure partie du peuplement bassar, les Manding de
diverses origines arrivés dans le Tchaoudjo (Tsandzo)
à la belle époque du prosélytisme musulman du Soudan
occidental, des envahisseurs Gonja et Dapaong du
XVIIe XIXe siècle, qui se sont éparpillés dans les
pays Bassar et Konkomba.
De profondes différences séparent ces deux couches de
peuplement sur bien des points.
Ainsi, tandis que la
première fait peu de place à une autorité suprême
dans son système d'organisation politique, ignore le
port du nom clanique, connaît un habitat dispersé et
travaille seulement la terre, l'autre à la royauté ou
grande chefferie comme élément de base de son
organisation politique, possède le nom lignager, fait
appel à un habitat essentiellement groupé et s'adonne
plus volontiers au travail artisanal comme la
météllurgie, la céramique, la vannerie, le tissage.
Elle travaille aussi la terre, mais y joint la grande
chasse en forêt.
De la colonisation à l'indépendance
L'histoire coloniale du Togo se divise en deux
périodes.
La première est celle de la domination
allemande qui s'étend de 1884 à 1914 ;
la seconde
commence en 1914 par le partage de la colonie entre
la France et le Royaume-Uni avec un intermède de cinq
ans au cours duquel le pays sera conjointement
administré par ces deux puissances.
Le Togo allemand. La domination allemande qui
commence avec le traité de protectorat signé par le
Dr Nachigal et les chefs de trois petits villages
côtiers, Togo, Baguida et Bè,
S'imposera par étapes aux populations de l'intérieur
grâce aux conquêtes échelonnées de 1885 à 1898.
L'extension de cette domination se heurta, surtout
dans le Nord, à une résistance armée assez violente -
celle des Konkomba en particulier - qui exigea des
Allemands une longue période de pacification.
En même
temps s'organise la mise en valeur du territoire.
L'administration en 1885 sera représentée par un
Commissaire impérial. Sur le plan économique,
l'accent est mis dès le départ sur la promotion d'une
économie de plantation avec pour principales cultures
le café, le cacao et le coton pour lesquelles de
efforts importants furent consentis dès 1889. Ce
développement des plantes industrielles a permis
l'émergence d'une oligarchie locale qui jouera un
rôle important dans la lutte pour l'indépendance.
Le Togo français. En vertu de l'article 119 du traité
de Versailles, les alliés obligent l'Allemagne
vaincue à renoncer à ses droits sur ses possessions
outre-mer.
L'administration du Togo allemand est
placée sous mandat de type B et confiée conjointement
à la France et au Royaume-Uni. Le problème de
délimitation entre les zones britannique et française
fut réglé par les accords Milner-Simon du 10 juillet
1919, matérialisé sur le terrain par les abornements
de 1927 et 1929.
A la France revinrent les deux tiers
du Togo allemand, tandis que le Royaume-Uni se vit
attribuer le reste.
Ce partage territorial, très mal
accueilli par les populations, marquera profondément
la vie politique togolaise durant la période des
mandats. Du reste, le statut de pays sous mandat
n'empêchera pas la France d'administrer le Togo comme
une colonie, au mépris des dispositions selon
lesquelles les territoires régis par le mandat de
type B doivent être progressivement conduits vers
l'indépendance.
Les aspirations unificationnistes ne furent pas
étrangères aux évènements des 24 et 25 janvier 1933
(conséquence de la crise économique de 1929), même si
les causes économiques avaient déterminantes.
Vers l'indépendance politique. Le 13 décembre 1946,
conformément à l'article 79 de la charte de San
Francisco, le Togo est placé sous le régime de
tutelle sans pour autant charger d'administration.
Sous ce régime, une intense activité politique se
développe. Jusqu'alors diffus, le jeune nationalisme
togolais prit véritablement corps sous la bannière du
CUT (Comité de l'union togolaise) solidement épaulé
par la Juvento à partir de 1950.
En 1956, le Togo
sous tutelle britannique s'incorporait au Ghana en
vertu des résultats d'un plébiscite organisé à cette
fin.
Cependant, le 17 avril 1958, à la suite d'un
référendum organisé sous l'égide des Nations-Unis
(ONU), le Togo français rejetait la colonisation
française par un non massif.
Deux ans plus tard, le
27 avril 1960, il accédait à l'indépendance.