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momes.net L'histoire de Baloune

Baloune est né un 23 novembre 1956, à Rouvroy, vers midi, dans une cuisine des maisons des mines, au nord de la France et voilà aujourd'hui une petite partie de son histoire.

Je suis né dans le Pas-de-Calais, et très vite je me suis aperçu que je me trouvais dans un triangle particulier : Lens - Arras - Douai.
Pour vous ça ne dit rien ces trois noms de villes, mais moi j'y voyais déjà un signe : Lens, aérodrome de Bénifontaine, Arras, aérodrome de Roclincourt, Douai, aérodrome de Vitry-en-Artois.
Moi qui rêvais de voler je ne pouvais trouver meilleure situation géographique! Mais pour moi c'était aussi un rêve inaccessible, réservé, d'après moi, à une certaine élite.
Néanmoins, sans jamais me décourager pour autant, j'ai commencé à cumuler des heures de vol en rêve et dans les bouquins.
Dans les livres je volais avec les plus grands de l'aviation, qu'ils soient pionniers ou As de la deuxième guerre. Puis je me suis tourné vers les modèles réduits, le vol circulaire, le vol radio-commandé. Je parcourais régulièrement les trois terrains d'aviation qui m'entouraient.

Autodidacte, par la force des choses, pour répondre à mes questions de plus en plus pertinentes je me suis mis à étudier la mécanique des fluides, la théorie de l'aérodynamisme et me plongeais dans les parutions du centre d'essai en vol de Brétigny-sur-Orge
Je suis même allé jusqu'à dessiner mon propre avion avec l'idée de le construire et de me libérer du plancher des vaches.

Le rêve s'arrête là.
Mon entourage devina mes intentions de constructeur amateur et stoppa mes travaux sur le champ, et... je deviens routier!!

avec Baloune



Une nuit sur l'autoroute A6 des camions venant du Nord descendaient vers l'Italie via Lyon. C'était dur et on se tenait éveillé en se racontant des histoires plus ou moins drôles et parfois en chantonnant des vieux tubes qui nous rappelaient certains étés d'il y a longtemps et qui finissaient par nous rappeller d'autres annecdotes. Puis à un moment ce fut le silence sur la CB. Trop de fatigue, plus rien à dire. Le trou quoi.

" Bernard " [c'était ainsi qu'on m'appelait "avant"]
" Wouhai..!"
" Allez sors nous quelque chose "
" Wouhai..!"
" Une chanson"
" Bof.................!"

On a beau être un boute-en-train , il y a des moments où l'on n'a plus rien à dire, mais les collègues insistent

" Bernard "
" Wouhai..! "
" Allez lance nous une vanne, fais nous rire"
" Wouhai les gars..! "

Et la file de camions-remorques arrive à la hauteur de Chalons-sur-Saône Nord. Là , il y a un terrain d'aviation et sur le batiment qui juxtapose la tour de contrôle, un artiste a dessiné des ballons à air chaud des mongolfières, et là, forcément, ça m'inspire et je pars dans un grand délire :

" Balounes , balounes, des balounes , j'adore les balounes , surtout les balounes rouges , wouhaha des balounes........." le tout avec une voix fluette de petit gaçon tout étonné de voir des ballons.

avec Baloune

C'est alors qu'un cibiste silencieux, qui devait nous écouter depuis un moment, s'en prit au petit garçon qu'il entendait délire et les insultes commencèrent à fuser

Allez savoir ce qui nous passe par la tête parfois, en reprenant ma grosse voix de Bernard, le routier, je me mis à expliquer à ce grincheux que ce n'était pas un petit garçon qui s'émerveillait de voir tous ces ballons mais un ancien collègue qui, à la suite d'un accident, ne pouvait plus conduire et qui m'accompagnait parfois pour "reprendre la route" comme avant, au bon vieux temps. En voyant ces ballons dessinnés sur ce hangar ce vieux routier avait retrouvé son âme d'enfant et n'avait pu contenir sa joie et son émotion.

Aussitôt d'autres cibistes se manifestèrent en prenant partie pour ce collègue handicapé qui venait de naître et tous voulaient lui parler. Certains même cherchaient à savoir où j'étais pour se faire un visu et boire un café sur une aire de repos. Mais les camions continuèrent inexorablemant leur route vers Lyon et le calme revint. Quand soudain, un collègue, qui n'en revenait pas d'avoir vécu cette étrange histoire, s'écria :
" Hé Baloune raconte nous des histoires ! "

Depuis, mon compagnon imaginaire a disparu, mais le surnom de Baloune m'est resté
Certains par la suite m'appelleront "Baloo" à cause de ma corpulence qui leur rappellait l'ours du livre de la jungle , d'autres "Balloon" à l'américaine, mais je décidais de rester "Baloune" du fait de ma passion pour tout ce qui vole qui n'a jamais cessé de m'habiter.

Depuis ma vie a beaucoup changé , j'ai aujourd'hui de sérieux problèmes de santé même si extérieurement rien n'y parait. Rassurez vous je n'ai pas été victime de la route , et je m'appelle toujours Baloune , je suis toujours un heureux homme, volant maintenant, mais je ne conduis plus de camion , je ne suis plus cet homme de la route, routier international, ça c'est fini. Mais je raconte toujours des histoires et tant que je pourrais voler pour m'évader tout ira bien.

Ainsi du rêve à la réalité, de la route au ciel, j'ai été breveté sur ULM-pendulaire, puis sur ULM-multi-axes et, en 2001, sur ULM-paramoteur. Comme quoi une passion, on ne s'en défait pas.

Aujourd'hui j'ai croisé le site momes, à cause d'une histoire qui racontait l'histoire du clown Balourd et de son ami le clown Baloune

avec Baloune

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Alors pour les enfants de ce site j'ai eu envie de recommencer à raconter, comme je le faisais sur ma cb, à bord de mon camion. Mais aujourd'hui c'est de mon ulm que je vais raconter, et avec photos à l'appui. On n'arrête pas le progrès, on n'arrête pas Baloune dans les airs!

avec Baloune
Baloune dans les airs

jeudi 4 novembre 2004


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