Bientôt le sentier était terminé et cédait la place à un enchevêtrement
de branches et de lianes ou à des clairières couvertes d'herbe coupante
comme des couteaux. Ils avançaient à pas de tortue et s'effondraient le
soir, épuisés. Le soir, Pablo lui parlait de ses parents et amis, de
leur amour pour la forêt et leur vénération pour le terrible roi des
collines. Il racontait les histoires que les ancêtres leur avaient
transmises. Leur vie était simple et en harmonie avec les saisons.
Raymond pensait à sa bête.
Heureusement, Pablo avait un sens parfait de l'orientation. Puis, il
connaissait toutes les plantes comestibles et s'avérait un chasseur
hors-pair. Sans lui, l'expédition n'aurait jamais été possible. Raymond
le savait, mais préférait ne pas y penser pour se concentrer sur son
rêve à lui. C'était son expédition, en fin de compte.