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Chapitre 4 : La rencontre
Brusquement, les rennes sarrêtèrent. Les clochettes se turent. Même le vent était tombé. Vladimir se réveilla instantanément, il se secoua et, devant lui, soffrait un spectacle incroyable ; sur cinquante mètres de circonférence, il ny avait plus un arbre, le sol était trempé, boueux et plus étrange encore il ny avait pas un seul flocon de neige sur ce disque parfait.
Un nuage de vapeur sélevait encore de lendroit, comme si on venait de poser un énorme fer à repasser sur cette partie de la forêt. Vladimir écouta, mais rien ne filtra, pas même les hurlements du vent. Il resta deux ou trois minutes ainsi, sans bouger.
Pendant ces interminables minutes, Vladimir le sentait, il y avait quelque chose qui gisait en face lui. À quelques mètres de lui, un être en détresse avait besoin de lui. Vladimir le savait. La solitude des grands espaces développe des sens qui ne trompent pas. Peut-être cette créature invisible souffrait-elle ? Peut-être avait-elle besoin daide ?
Une seconde, Vladimir voulut reculer. Mais son instinct lui ordonna de rester. Alors, il fit un premier pas vers le cercle, puis un second. Maintenant, il se dirigeait dun pas assuré vers la " chose " quil savait devant lui. Il buta contre quelque chose dinvisible, ses mains effleurèrent les contours de la chose. Cétait grand, très haut, un peu chaud par endroits...
Vladimir se retrouva par terre, tout à son exploration, il navait pas remarqué une petite butte sur le sol. Cette fois il fit plus attention et il vit que les flocons qui recommençaient à tomber sarrêtaient net et semblaient flotter dans les airs comme sils recouvraient un volume, plus petit, qui serait sorti de la chose.
Il nen fallut pas plus pour Vladimir. Il alla jusquà sa troïka retirer la peau dours qui recouvrait son siège. Il enleva aussi son énorme manteau rouge qui le protégeait du froid et déposa les deux sur la chose. Ensuite, il se mit à marcher, à marcher en décrivant un large cercle autour de lêtre imaginaire. Maintenant, il tournait autour dune espèce de dôme recouvert dune couche dau moins dix centimètres de neige.
Ne pas sarrêter de marcher, continuer davancer jusquau bout, jusquà lépuisement. Vladimir savait trop ce que signifierait pour lui et pour lautre une pause. Si Vladimir sarrête, même si lautre par miracle se réveillait, sans Vladimir, par ce froid, il naurait aucune chance de survivre. Vladimir devait tenir bon pour létranger, être là quand il se réveillerait.
Le vent est moins fort, il fait presque chaud maintenant, Vladimir na plus froid, la neige qui sengouffre dans sa bouche a le goût de la soupe que lui préparait Natacha. Vladimir sécroula dans la neige, il regarda une dernière fois vers la " chose ". Il lui semblait voir son manteau rouge, comme si la neige qui le recouvrait avait fondu. Il ferma les yeux, et alors une véritable chaleur lenveloppa. Vladimir avait comme limpression de flotter dans les airs, mais il ne voyait pas Natacha.
Quand le bûcheron se réveilla, il était arrivé à la ville. Déjà quelques bourgeois sapprochaient de la troïka pour choisir leur bûche, avant que dautres clients naffluent. Dans la bousculade, personne ne remarqua quaucun flocon ne recouvrait ni Vladimir, ni ses rennes, ni même sa troïka. Personne ne sétonna non plus de la qualité exceptionnelle des bûches, comme si elles avaient séché pendant des années...
Chapitre 5 - le voyageur
©2000
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