Un jour de printemps frileux, Jugaclo se promenait en Brière,
un endroit marécageux, humide et bourbeux; l'eau jaune noirâtre paraissait
très calme. Les canards nageaient paisiblement entourés de roseaux.

Tout à coup, un tourbillon d'eau surgit du marécage
et le happa brusquement au fond de l'eau.
Il s'enfonça dans une couche de vase molle. Alors, il entrevit,
au loin, les marches d'escalier qui le menaient à une porte.Tout en progressant
vers cette issue, il glissa brutalement et se trouva entouré d'anguilles visqueuses
et gluantes.

Elles s'avançaient en rampant lentement vers lui, s'enroulant
autour de ses jambes: il était prisonnier. Alors, Jugaclo prit plusieurs appâts
qu'il avait au fond de sa poche, les lança et aussitôt les anguilles le
lachèrent pour aller se régaler.
Jugaclo était sauvé, alors, il se précipita vers
la porte qu'il avait déjà aperçue. Il l'ouvrit et découvrit une
pyramide, il y entra...Jugaclo entra dans une pièce envahie de plantes carnivores,
de lianes, de branches qui avançaient, d'arbres tordus et d'énormes cactus
avec des épines monstrueuses.

Au milieu de la salle il aperçut un vieil homme et lui
demanda :
« Qui êtes-vous ? Pourquoi cette végétation
pousse-t-elle au milieu de la pyramide?»
- Je suis Jourdain l'horticulteur et, comme cet endroit paraissait
sans vie, j'ai fait pousser des plantes et maintenant je m'en occupe.

Jugaclo s'exclama :
- « Mais comment vais-je passer maintenant! »
- Je vais vous aider en vous donnant trois lianes.
Jugaclo s'en servit pour s'accrocher aux plantes et pour survoler
la pièce tranquillement...
Maintenant, il se trouvait devant une porte.

Il l'ouvrit, entra, mais celle-ci se referma. Jugaclo se décida
à avancer mais, il vit arriver devant lui un homme dégoulinant d'humidité
et de boue.
Le paysan essaya de trouver une idée pour franchir l'autre
porte. Soudain, une ampoule lumineuse apparut dans sa tête : il souffIa avec
puissance sur les hommes de boue qui, en un instant se figèrent, complètement
desséchés par la chaleur dégagée.

Ainsi il put atteindre l'autre porte et sortir tranquillement...
Jugaclo arriva à la pièce du silence il y était
écrit
« Ne pas faire de bruit »
Il entra et marcha à pas de loup vers l'autre porte. Mais
tout à coup, il trébucha à cause d'une pierre qu'il n'avait pas vue.
Alors, il poussa un cri qui provoqua l'écroulement de la salle et il tomba dans
un trou qui le fit atterrir sur les bords d'un voIcan...

Il dégringola sur les pentes d'un énorme volcan où
la chaleur devenait insupportable. Des pierres commençaient à jaillir;
sur l'une d'elles se trouvait un coffret de fer que la chaleur faisait fondre.
Jugaclo crut apercevoir un objet brillant. Il sauta d'un bond
sur la pierre et saisit l'objet qui était en réalité une coupe en
or couverte de rubis.
Tout à coup, le volcan entra en éruption car la pièce
du silence s'était écroulée. La lave se mit à monter. Elle semblait
vouloir l'attirer dans le gouffre.
A peine fut-il sorti du volcan, il se retrouva à Lumacha...
Jugaclo se réveilla dans son lit. Il vit quelque chose
de nouveau sur sa table de nuit. C'était une coupe en or, couverte de rubis.
Dans cette coupe un liquide jaunâtre. Jugaclo le but et se sentit rempli de
paix.
Et à partir de ce jour, il vécut heureux près
de ses voisins.
Les villageois de Lumacha vinrent le trouver au marché
et bavarder avec lui. D'autres lui achetèrent ses magnifiques oeillets rouges
et certains vinrent aussi le complimenter sur ses fleurs.
