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Pendant la Révolution, au mois de décembre
1793, aux alentours de Savenay, vivait une bande d'enfants: Marion la
terreur, Kévin le cerveau, Gwennaelle la chipie, Pierrot le farceur,
Cédric le sportif et Sarah l'intrépide.
Ils passaient leur temps à faire
des bêtises. Ils donnaient à manger aux poules les oeufs qu'elles
avaient pondus. Ils mettaient un seau d'eau au-dessus de la porte et lorsqu'un
adulte entrait, splach, il était trempé. Ils ouvraient régulièrement
les barrières du pré communal pour regarder leurs parents
courir après les moutons et les vaches. Les parents en eurent assez
et pour punir leurs enfants, ils les enfermèrent dans un tunnel
très profond qui passait sous le hameau.
Le soir du 22 décembre 1793,
les Républicains envahirent Savenay. Les survivants de l'armée
Vendéenne, poursuivis par les Bleus, se cachèrent dans le
hameau. Les Républicains les trouvèrent et tuèrent
tout le monde sauf les enfants qui étaient restés dans le
souterrain. Les Républicains installèrent leur campement
non loin du hameau pour soigner leurs blessés.
Les enfants, pour venger leurs parents, décidèrent
de jouer de mauvais tours aux militaires. La nuit venue, ils mirent des clous
dans les bottes des soldats, du poil à gratter dans leurs lits et appliquèrent
également une bonne couche de graisse sur les selles des chevaux, histoire
de bien faire glisser et tomber leur cavalier.
Ils remplacèrent aussi les cartouches
de poudre par du jus de raisin, ils mirent des insectes dans la soupe, de l'eau
de mer à la place du vin blanc. Quelle ne fut pas la surprise des soldats
le lendemain!
Les fantassins avaient mal aux pieds,
les cavaliers tombaient de leurs chevaux,
le vin était imbuvable.
Quand les soldats tiraient avec leur fusil, ils avaient la
figure barbouillée de raisin.
La nuit suivante, des chèvres remplacèrent les
chevaux.
Le lendemain, en découvrant cela, les soldats furent effrayés.
Le hameau était-il hanté ? C'était la panique. Pendant
ce temps-là les enfants s'organisaient dans le souterrain : ils construisaient
des objets en terre, se nourrissaient avec le lait des vaches et les oeufs des
poules qu'ils avaient réussi à sauver.
Kévin, le cerveau, eut l'idée de se déguiser
en fantôme ainsi que ses amis, pour effrayer les soldats. Le soir venu, tous
déguisés, ils se glissèrent dans les tentes et poussèrent
des cris abominables et s'enfuirent dans leur souterrain.
La journée suivante, les soldats, qui croyaient aux fantômes,
déposèrent du gui tout autour du hameau pour éloigner ces
esprits indésirables.
Pendant la nuit, les enfants déguisés en fantôme
ramenèrent tout le gui. Le lendemain matin, découvrant que le
gui avait disparu, les soldats crurent qu'il était hanté comme
le hameau.
Depuis cela dans la région de Savenay, il y eut une rumeur
qui disait que dans ce hameau, il y avait du gui hanté. Au fil du temps,
l'expression "gui hanté" se transforma à force de la dire en
"quille hantée ", puis en " " " quille en terre
", ensuite " bille en terre " et pour terminer :
"Ville en terre"
Mais revenons à nos enfants.
La nuit suivante dans le souterrain, les enfants fabriquèrent
un terrible loup mécanique. Il faisait 3 mètres de hauteur. Gwennaëlle
la chipie avait chipé les manteaux de fourrure des soldats pour habiller
la machine. Des lanternes rouges remplaçaient ses yeux et lui donnaient
un aspect sanguinaire.
La grande gueule montrait des crocs énormes et pointus
aiguisés comme des rasoirs
Une trappe était installée sous le ventre du loup
pour que Cédric et Sarah le guident.
Lorsqu'il fit nuit noire, les enfants sortirent les pièces
détachées et les assemblèrent. Dans un grand vacarme le
loup terrifia les sentinelles, arracha toutes les tentes avec ses crocs. Il
renversa le chariot de munitions. Cédric ouvrit la trappe et jeta une
lanterne dans le chariot. Quel spectacle! Un feu d'artifice s'offrit aux yeux
des enfants, des étincelles jaillissaient, les balles volaient dans tous
les sens. Une gigantesque explosion retentit.
Les soldats terrifiés par cette attaque inattendue couraient
dans tous les sens. Ils cherchèrent du regard leurs armes mais tout avait
sauté. Dans leur fuite, ils se précipitèrent dans les pièges
que leur avaient préparés Pierrot et Gwennaëlle. Piqués
par les hérissons et les ronces, englués de bave de limace et
démangés par les orties, ils sortirent des trous mais en levant
la tête ils aperçurent les fantômes qui poussaient des cris abominables.
Ils s'enfuirent à tout jamais du hameau.
Les enfants avaient gagné la partie.
Quand les enfants ne virent plus les soldats à l'horizon, ils
sautèrent de joie et crièrent : HOURRA!
Ils attendirent quelques jours pour boucher léentrée
du souterrain et réaménagèrent le hameau. Les années
passèrent. Ils se marièrent: le cerveau avec la chipie, le farceur
avec la terreur, le sportif avec l'intrépide. Ils eurent beaucoup d'enfants
qui leur jouèrent de sacrés tours. Leur descendance vit encore
de nos jours.
Chers lecteurs, un de ces enfants est peut-être votre ancêtre?
Ecole "Robert Desnos" de SAVENAY Classe de CM2

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