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A la fin du Moyen-Age, au XV siècle, la Bretagne
était indépendante. Elle appartenait au Duc François
II. Elle était grande, puissante, convoitée par tous les
souverains européens. Le duché était envié
surtout par le Roi de France car la Bretagne avoisinait le domaine royal.
Ils voulaient tous épouser Anne, la fille de François II,
non pas par amour, mais pour s'emparer de son duché.
François II défendait fermement son
territoire mais il perdit la bataille de Fougères. Il dut faire
une promesse lourde de conséquences : il ne devait pas marier Anne
sans l'accord du Roi de Francee En 1491, Anne épousait le Roi de
France Charles VIII, elle avait 14 ans.
En l'an de grâce 1487, un jour du mois d'octobre,
le Duc François II, sa fille Anne (âgée alors de 10
ans) et leur suite revenaient du château de Suscinio à cheval
: ils retournaient dans leur château de Nantes. Sur le chemin du
retour, ils s'arrêtèrent chez le seigneur de Savenay qui leur
proposa de rester trois jours au château du Matz pour s'y reposer.
Le Seigneur était riche et puissant. Il portait sur son chaperon
des bijoux et des pierres précieuses. Son château se reconnaissait
par sa grande tour ronde et sa chapelle (aujourd'hui disparues).
Le lendemain, par une belle journée d'automne,
le Seigneur proposa une matinée de chasse à courre dans les
bois à l'est de Savenay. Il fit préparer les sept chiens,
les arcs, les arbalètes et les épées. Quand tout le
monde fut prêt, les chevaux hennirent et les chiens, tête forte
et oreilles pendantes, aboyèrent à pleine gueule. En descendant
la colline, ils arrivèrent à la lisière du bois. Anne
était émerveillée par la splendeur des teintes que
prenait la forêt d'automne : feuilles rousses, jaunes, brunes. Dans
une clairière, elle vit les arbres se refléter dans l'étang
et l'herbe scintiller dans la rosée. Tout à coup, le groupe
de chasseurs entendit un craquement de bois mort. Alors, ils lâchèrent
les chiens qui sautèrent dans le fourré d'où venait
le bruit. Apeuré, un sanglier s'enfuit à pleines pattes.
Un chien plus rapide que les autres le mordit au jarret. Intriguée
par les taches de sang, Anne les suivit. Après quelques moments,
le sanglier s'arrêta, renifla et se dirigea vers un fourré.
Anne le vit disparaître. Soudain, elle devint toute pâle :
devant elle avait surgi un jeune garçon blond qui portait un vieux
surcot déchiré. Il tenait à la main un bàton
étrange.
"Euh ! bon-bonjour...n'aurais-tu pas vu un sanglier
? demanda Anne.
- Je n'ai rien vu, répondit l'enfant rapidement.
- Comment t'appelles-tu ?
- Guillaume, je suis bûcheron dans ce bois.
- Moi, je m'appelle Anne. Je suis à la chasse
avec le Seigneur du Matz."
En entendant ces mots, le jeune garçon s'enfuit.
En rejoignant les chasseurs, Anne entendit le Seigneur crier sa colère
car il revenait encore bredouille. Le deuxième jour, accompagnés
du maître fauconnier, ils partirent à la chasse au faucon.
C'était un faucon hobereau aux ailes longues et pointues, au bec
court et crochu. Tout à coup, le Seigneur vit passer un lapin de
garenne. Il lâcha le faucon qui s'éleva dans les airs puis
piqua droit sur sa proie. Il l'érafla mais le lapin blessé
s'échappa et alla se réfugier dans le même fourré
que la veille. Anne suivit les traces de sang, s'avança dans l'espoir
de retrouver Guillaume, mais personne ! Déçue et triste,
Anne s'en retourna. Au loin, elle entendait le Seigneur crier sa colère
car il revenait encore bredouille.
Le matin du troisième jour, Anne découvrit
un pigeon aux plumes bleues comme le ciel, pris dans un piège de
braconnier. Elle le délivra et trouva un message à la patte.
Sept mots y étaient écrits :
"Au secours,
Seigneur construire château dans bois"
Le pigeon arrivait encore à voler et
il la conduisit jusqu'à un chêne centenaire. L'oiseau se percha
sur une branche et crac ! une porte s'ouvrit dans le tronc énorme. Anne
entra et, stupéfaite, découvrit Guillaume.
" Anne ! Comment m'as-tu trouvé ?
- C'est le pigeon qui m'a conduite ici.
Guillaume lui montra alors une salle souterraine où elle
vit le sanglier du premier jour et le lapin. Il lui expliqua que son bâton
était magique et qu'il soignait les animaux blessés. Anne fut
ébahie et émerveillée. C'est toi qui soignes tous
ces animaux ! Mais où sont tes parents ?
- Je suis orphelin.
- Oh ! Je suis désolée ; mais que signifie le message
?
- Le Seigneur veut détruire ces bois pour construire un
château plus beau que celui du Matz. J'ai appris la nouvelle en portant
du bois au couvent des Cordeliers. Que vont devenir les animaux ? Toi seule,
tu peux m'aider !
- Je vais en parler à mon père et je reviendrai
cet après-midi. " Ils se séparèrent et Anne galopa vers
le château. Dès son arrivée, elle trouva son père
et lui expliqua la situation. Il lui promit de convaincre le Seigneur d'abandonner
ce projet mais ce dernier surprit la fin de leur conversation.
Anne partit sur le champ rejoindre Guillaume sans s'apercevoir
que le Seigneur la suivait. Essoufflée par sa course, elle arriva au
pied du chêne où Guillaume l'attendait. Ne t'inquiète pas,
mon père va t'aider à ...
- Oh ! merci, je ne t'oublierai pas."
A peine Guillaume eut-il fini sa phrase que le Seigneur surgit
devant eux, le regard hargneux.
"Ah! c'est donc toi, manant, qui m'a fait rater tout mon gibier
depuis des mois! Je vais te chasser!"
C'est alors que François II arriva et dit
:
Vous n'avez pas honte de chasser ce pauvre garçon qui n'a
que le bois pour survivre!"
Le Seigneur tomba à genoux devant le Duc et dit à
Guillaume :
Je te pardonne; dorénavant, j'irai chasser ailleurs et
je te donne ce bois."
Anne, secrètement amoureuse, proposa
que Guillaume devienne le Prince de ces bois. Le Seigneur accepta car il devait
honneur et obéissance à son suzerain. Guillaume, tout joyeux,
les remercia tous de pouvoir rester avec ses amis les animaux. Ils se séparèrent
et chacun alla vers son destin...
C'est en souvenir du petit Prince Guillaume que
cet endroit s'appelle le Prince-Bois. Il y a même une école qui
porte son nom...
Ecole "Le Prince-Bois" de SAVENAY
Classe de CM1.
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