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Aux quatre vents,on s'arrêtait sous un chêne majestueux.

Du haut de ses branches on voyait les moulins du Sillon.

On devinait les bateliers de la Loire.

Le paysan guettait les vents:

le vent qui poussait les nuages de pluie,

le vent qui chassait l'insecte en apportant la neige,

le vent qui réveillait la nature, accompagné du soleil,

le vent qui séchait les blés coupés...

Les cloches,

portées par les vents

annonçaient

noces, naissances et enterrements.

 

 

Ce chêne, magique, avait été planté par Zeus,

dieu de la pluie et de la foudre.

Héra, à la fois soeur et femme du dieu du ciel

se mettait dans des colères terribles.

Poséidon, son frère, soufflait les tempêtes.

Hestia, sa soeur voulait couper l'arbre

pour que les foyers ne s'éteignent jamais.

Aphrodite, née de l'écume et de la mer,

ordonnait aux nuages de fuir.

Les dieux, à coup de vents, se battaient.

 

A chaque saison, quand:

Automne laisse ses couleurs à l'hiver,

Hiver, le froid au printemps,

Printemps, ses pousses à l'été,

Eté, son blé à l'automne.

 

Les vents, voulaient garder leur saison.

Le chêne, fatigué, avala les vents.

Zeus, furieux, leur ordonna de sortir.

L'arbre, ne cédant pas, Hestia proposa bien de le couper...

 

Les vents disparurent.

Plus de moulins:

plus de pain,

 

Plus de voiliers:

plus de marchandises.

 

Plus de nuages:

plus de pluie,

 

Plus de cloches:

plus de nouvelles.

 

Alors, les gens partirent à la recherche des vents.

Tous se retrouvèrent au pied du chêne:

 

" Oh! chêne

Oh! grand chêne

fils de Zeus

où sont nos vents? "

 

" Mon vent ! dit le meunier.

- Non, le mien ! dit le batelier.

- Et mon blé ? demanda le paysan

- Un vent pour mon linge ! dit la lavandière. "

 

" Par tous les vents

qui me dévorent le tronc,

il faut

les relâcher.

Ils commencent

à me casser les racines

et me prendre la branche,

dit le chêne. "

Après réflexion, l'arbre proposa:

" Par tous les Dieux qui me protègent

vous serez libérés

SI:

- Soufflera à ton tour

- Gardera ta saison.

Tout seul ou par deux soufflera.

Par les branches qui me grattouillent

vents du dedans...

Si vous sortez...

Obéissez-moi. "

Dans un souffle à décoiffer un chêne, les vents filèrent.

Arriva le Printemps:

 

Vent d'Ouest souffla les moulins.

Vent du Sud, amena le soleil.

Vent d'Est chassa les nuages.

Vent du Nord, attendit l'hiver.

 

Aujourd'hui, aux quatre vents,

les moulins ne tournent plus.

Le chêne a disparu.

A la place,

on a construit un pont

pour que les gens d'Est et d'Ouest

ne croisent plus

les gens du Nord et du Sud.

 

En longeant la route Prinquiau-Campbon,

vous verrez plusieurs chênes...

 

Les vents, remerciant le chêne,

soufflent maintenant les graines des arbres.

 

Si vous posez l'oreille sur l'un de ces arbres,

il vous racontera une histoire

qui ressemble beaucoup

à celle de leur ancêtre...

 

Ecole publique de PRINQUIAU Elèves du CE1-CE2-CM