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Les Rôtis se situent à CAMPBON, tout près
de BOUVRON et de QUILLY. C'est un village de quatre maisons. Au temps des
Gaulois, il y avait huit huttes, huit familles d'artisans et de paysans
qui élevaient des moutons, qui chassaient des sangliers. A la tête
de la tribu, le chef commandait. C'était un homme sévère,
qui rencontrait souvent le druide. A deux kilomètres, une autre
tribu, avec un autre chef, un autre druide, et d'autres familles, habitait
dans un autre village. Les deux tribus étaient ennemies, elles auraient
toutes les deux voulu avoir plus de terrain. Les deux territoires étaient
bien délimités, chacun savait où se situait la frontière
et il ne fallait pas la dépasser. Les deux clans ne s'aimaient pas.
Des disputes éclataient pour un rien.
Un jour, dans un pré, un berger gardait son troupeau
de moutons. Echappant à sa surveillance, un petit agneau blanc traversa
la haie. Quand le jeune homme s'en rendit compte, il essaya de le rattraper.
En le suivant, il rencontra des paysans qui moissonnaient dans un champ.
Ils coupaient le blé avec des faucilles et des faux, des femmes
ratissaient la paille et la mettaient en meules. Un autre groupe d'hommes
traversait une vigne, armés de lances, d'arcs et de flèches
pour aller chasser des animaux sauvages. Un peu plus tard, dans un bois
de châtaigniers, il entendit le bruit des haches et des herminettes
: des bûcherons étaient au travail. Tout à coup, juste
à la sortie du bois, il se retrouva nez à nez avec un homme
de l'autre village, qui lui dit :
" Que fais-tu sur notre territoire ?
- Je cherche mon agneau.
- Arrête de mentir, je sais que tu viens nous espionner.
"
Le jeune berger se mit en colère, une belle bagarre
éclata, courte, mais forte. Le rival tomba à terre, saignant
du nez, un oeil gonflé, les vêtements déchirés.
Prenant ses jambes à son cou, le berger retourna à
son village pour chercher de l'aide.
Il arriva tout essoufflé. Il voulait voir le chef.
Rapidement, il passa devant l'atelier du forgeron qui fabriquait des armes
: des pointes de lances, des poignards, des boucliers, des arcs, des épées.
Il aperçut le boulanger devant son four, et plus loin, le meunier
qui transportait des sacs de farine dans une charrette. Au potier, il demanda
où était le chef. Celui-ci lui répondit qu'il était
chez le druide. C'est là qu'il se rendit. Il se précipita
dans la hutte et dit au chef :
" Mon mouton est allé trop loin, et en le suivant,
j'ai rencontré un de nos ennemis. Nous nous sommes battus, et je
crois qu'il va revenir avec ses compatriotes pour se venger. Il faut se
préparer à se battre. "
Le chef rassembla tous les hommes du village et les conduisit
dans le bois. Cachés en embuscade, ils ont attendu leurs ennemis
qui sont arrivés peu après. La bataille éclata, les
coups pleuvaient.
Heureusement les deux druides sont intervenus, c'étaient
eux les prêtres, vêtus d'une longue tunique blanche, qui coupaient
le gui avec une serpe d'or, qui représentaient la sagesse, et qui
arbitraient les conflits. Ils leur conseillèrent d'arrêter
la bagarre, leur disant que cette querelle ne mènerait à
rien, qu'il valait mieux prier les dieux pour qu'ils apportent de bonnes
récoltes, des animaux bien portant, du soleil. Ils les menacèrent
de leur faire tomber le ciel sur la tête et de ne pas intervenir
pour eux auprès des dieux. Les combattants cessèrent aussitôt
leur bagarre, car ils les craignaient beaucoup ; ils décidèrent
de s'allier les uns avec les autres pour former une seule tribu plus forte.
Quelques jours plus tard, pour fêter la réconciliation,
les deux chefs décidèrent d'organiser un banquet. Sur la
place du village, les femmes ont installé des tables et des bancs.
Les hommes ont allumé un grand feu, ils ont mis à cuire trois
gros sangliers à la broche. Les voisins sont arrivés, rapportant
le mouton égaré, et tout le monde s'est mis à
table. Ils ont mangé les sangliers ROTIS, le repas a duré
toute la nuit, ils sont devenus amis, et depuis ce temps, ce village s'appelle
les ROTIS.
Ecole "Ferdinand Daniel" de CAMPBON Classe de CE2
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