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Il y a bien longtemps, en 1793, la France était déchirée
par de multiples guerres civiles dont la plus sanglante fut la guerre de Vendée
qui opposa Les Républicains (l'armée française) à
l'armée vendéenne. La dernière grande bataille de cette
guerre se déroula à Savenay et fut perdue par les Vendéens
le 23 Décembre 1793 ; beaucoup d'entre eux y furent tués.
Piron De La Varenne, un chef vendéen, tout comme
Caoudal et De Charette, fuyait les Républicains avec son ami De
La Rochejacquelein. Ils arrivèrent à Lavau, commune située
à 10 km de Savenay en bordure de Loire, épuisés, mal
rasés, les vêtements déchirés ; on ne les reconnaissait
qu'aux couleurs rouges et blanches de leurs foulards et leurs insignes
vendéens sur lesquels on lisait "DIEU LE ROI". Nos deux héros
voulaient traverser La Loire pour rejoindre leurs familles en Vendée.
Les colonnes infernales de l'armée républicaine poursuivaient
nos deux chevaliers. Elles saccageaient, brûlaient, pillaient tout
sur leur passage.
Nos deux Vendéens erraient dans
Lavau quand soudain, des boulets de canon tirés par les Républicains
situés sur la butte de Savenay, s'écrasèrent sur l'église
(de nos jours les boulets sont toujours visibles). Nos chevaliers s'aperçurent
qu'ils étaient cernés.
Le cheval de De La Rochejacquelein
fit tomber son cavalier et piétina méchamment le chef vendéen.
L'animal appartenait à l'armée républicaine. Piron
pleurait à chaudes larmes car son meilleur ami venait de périr
sous ses yeux. Il fuit avec son cheval à l'intelligence humaine
vers un petit lieu-dit de Lavau, près du bord de Loire, nommé
Le Trou.
Alors que Piron et son destrier s'approchaient,
une colonne infernale cachée derrière un rocher épiait
nos héros. Son cheval l'avait prévenu du danger qu'il courait
car il possédait un pouvoir magique : la parole humaine. Piron tenta
de s'enfuir mais l'armée ennemie le surprit et lui barra le passage.
Le Vendéen reconnut les Républicains à leur uniforme
bleu et à leur cocarde tricolore. Il prit peur en identifiant le
chef républicain Carrier qui était très cruel car
il avait noyé des milliers de Vendéens à Nantes en
1790.
Les Républicains crurent que
Piron allait se rendre mais ils furent surpris quand ce dernier s'élança
courageusement aidé par son cheval qui se battait tel un homme.
L'animal se mit sur les deux pattes arrières et donna des coups
de sabots et de museau aux ennemis. En quelques minutes, tous furent tués.
Le chef vendéen mit ses adversaires dans un sac plein de pierres
et les noya. En regardant La Loire, il aperçut un faisceau lumineux
qui provenait du fond de l'eau. Petit à petit, grâce au sang
bleu des Républicains, l'eau s'éclaircissait, devenait azur,
puis limpide, alors que le faisceau s'élargissait. C'était
une porte secrète en granit bleu. Depuis ce jour selon la légende,
le petit hameau se nomme "LE TROU BLEU". De plus, au début du XXème
siècle, on exploita une carrière de granit dans ce trou.
Il ouvrit la porte, entra dans le passage
secret, et crut passer directement en Vendée, mais malheureusement
le passage secret était peuplé de gros ragondins.
Alors que Piron cherchait une issue
pour aller au sud de La Loire, les ragondins l'attaquèrent ; notre
chevalier eut peur et rebroussa chemin. En s'enfuyant il trébucha,
s'arrêta et regarda ce sur quoi il avait marché. C'était
un magnifique anneau en granit ; il le prit pour l'offrir à sa femme
qui l'attendait en Vendée. Notre ami nettoya l'anneau et il vit
sur celui-ci le reflet d'un visage qui lui souriait ; il comprit alors
que la pierre de granit était magique. Ils sortirent tous les trois
du souterrain.
Piron contemplait l'anneau et dès
qu'un rayon de soleil tapa sur ce dernier, une force incroyable se dégagea
du granit et elle construisit un pont au dessus de La Loire. Le chevalier
et sa monture traversèrent le pont, des Républicains les
poursuivaient, ils étaient divisés en deux colonnes, l'une
sur le pont, l'autre dans la barque qui naviguait sous le pont.
Arrivé en Vendée, Piron
s'aperçut que la colonne située sur le pont était
au dessus de la barque, cela lui donna une idée... Il ordonna à
l'anneau de faire disparaître le pont. Celui-ci s'effaça,
les cavaliers tombèrent dans la barque qui coula sous son poids.
La légende dit que l'abbé Guihard retrouva près du
Trou Bleu une barque pleine de cadavres.
De retour dans son village natal, Piron
ne fut point reconnu par sa femme car il était très épuisé.
Elle se souvint de son mari grâce à la rare intelligence de
son cheval qui lui raconta toute leur histoire. Piron lui offrit l'anneau.
Ils se cachèrent quelques temps, vécurent heureux et eurent
beaucoup d'enfants.
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