
Vipère au poing

Vipère au poing - dvd -
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Résumé du roman
L'histoire débute durant l'été 1922. Un enfant découvre une vipère. Il la
saisit et l'étouffe de ses mains. Cet acte lui vaut d'être comparé à Hercule, le
personnage de la mythologie grecque, qui dans son berceau étrangla deux
serpents.
25 ans plus tard, Jean Rezeau, "l'enfant de 1922" est le narrateur de
l'histoire. Son surnom est Brasse-Bouillon. Il évoque la propriété de sa famille, La Belle Angerie. Il présente sa grand-mère paternelle, Mme Rezeau, chez qui lui et son frère aîné, Ferdinand, ont passé, parmi des domestiques dévoués,
quelques années d'enfance heureuses tandis que leurs parents et leur plus jeune
frère séjournaient en Chine. M. Rezeau père enseignait le droit international dans
une université chinoise.
Lorsque Jean a huit ans, sa grand-mère meurt d'une maladie des reins. Les
parents doivent rentrer de Chine. Les deux frères ont hâte de revoir leurs
parents et de découvrir ce petit frère, Marcel, qu'ils ne connaissent pas.
Mais les retrouvailles se transforment en cauchemar. Les deux frères sont sur
le quai de la gare de Segré pour accueillir leurs parents et leur petit
frère. Ils se précipitent vers leur mère pour l'embrasser. Mais celle-ci, agacée
par ces gestes de tendresse les gifle sans ménagement et leur ordonne de porter
les valises.
M. Rezeau cesse de travailler et vit des revenus de la propriété. Homme
faible, il est dominé par sa femme et préfère passer ses journées à collectionner les insectes plutôt que de s'occuper de ses enfants.
Le narrateur décrit
ensuite les autres membres de sa famille :
sa mère, Mme Rezeau est la fille d'un
sénateur, et la petite fille d'un banquier. Très riche , elle a apporté une
immense dot au mari que lui ont choisi ses parents.
Puis Jean présente ses frères : Ferdinand, l'aîné, dit Fredie que l'on
appelle parfois Chiffe en raison de son caractère timide et peureux; et Marcel, le
jeune frère, le préféré de sa mère, qu'il décrit comme fourbe et travailleur.
Jean, le narrateur que l'on appelle Brasse-Bouillon, se décrit comme un
enfant joufflu, aimant la vie mais aussi rebelle et ayant mauvais caractère.
Dès leur arrivée, les parents imposent une discipline de fer. M. Rezeau
établit des horaires draconiens et Mme Rezeau commet de sévères brimades, dont la
plus traumatisante est de tondre ses enfants avec la tondeuse qui servait
auparavant pour l'âne Cadichon.
Les deux frères aînés subissent la cruauté de leur mère, sa partialité et sa
sévérité. Elle chasse Ernestine , la gouvernante, qui a eu le malheur de
protester et peut ainsi à sa guise imposer sa tyrannie . Elle nourrit mal ses
enfants, et se permet pendant les repas de planter sa fourchette dans leurs mains.
Elle les prive de promenades et les condamne à passer leurs journées à
désherber les allées du parc. Elle confisque les objets et les jouets de ses enfants
ainsi que les friandises que leur offrent leurs grands-parents. Pire, le soir,
après la prière, chaque enfant doit se confesser devant elle et le précepteur
et avouer les péchés de la journée. Marcel, le jeune fils préféré, en profite
pour dénoncer ses frères.
Blessés par tant de cruauté, Fredie et Jean se réfugient dans l'hypocrisie et
affublent leur mère du surnom de Folcoche, association de folle et de cochonne.
Durant la saison de chasse, M. Rezeau père propose à ses enfants de
l'accompagner et de rabattre le gibier. Les fils profitent pleinement des ces quelques heures de liberté. Folcoche, elle, vit mal ce plaisir que leur procure ce loisir. Un soir, excédé de constater que ses fils ont passé une très agréable
journée, elle décide de sévir. Pour une fois, leur père décide de s'interposer.
Vexée par cet échec Folcoche fait payer cette humiliation à ses enfants. Sans
aucun motif, les dents serrées, elle les bat. Le jardinier , qui a eu le
malheur d'assister à la scène est licencié.
Un soir pendant la prière, Folcoche s'évanouit. Le médecin diagnostique des
calculs à la vésicule. En plus de la douleur que doit supporter Mme Rezeau, en
raison de cette maladie, elle doit affronter Brasse-Bouillon qui a trouvé
comme seule défense de la fixer dans les yeux durant les repas. Ce soir-là il
parvient à soutenir son regard pendant huit minutes.
A la Belle Angerie, les précepteurs se succèdent à un rythme effréné. Soit
ils ont le malheur de se hasarder à des remarques, soit ils ne supportent pas
cette ambiance haineuse. Les enfants commencent à leur donner des surnoms, ainsi
BIV est-il remplacé par BV qui ne reste que 8 jours.
Le 14 juillet 1927, Folcoche est hospitalisée à Angers pour une opération de
la vésicule biliaire. Les garçons profitent de l'absence de leur mère : ils
laissent repousser les pissenlits du jardin et leur cheveux. Même leur père
semble aller mieux, ses migraines diminuent et il se met à initier ses enfants à
sa passion des insectes, à la politique,à la botanique et à l'astronomie.
Folcoche tarde à retrouver la santé; ses garçons craignent son retour et se
prennent à rêver de sa mort. Ils en profitent aussi pour se constituer des
réserves : une cachette dans la chambre de Fredie leur permet de stocker toutes
les provisions qu'ils peuvent récupérer.
Folcoche rentre à la Belle Angerie. Mais durant les quelques mois de son
absence, ses fils ont grandi et les gifles qu'elle distribue toujours aussi
généreusement ont beaucoup moins d'impact. Il lui faut changer de stratégie.
Elle essaye de renvoyer Fine, la femme qui sert la famille depuis trente ans, mais M.Rezeau s'y oppose. Pour semer la discorde parmi les trois frères qui ont
constitué un "pacte de défense", Folcoche tente de corrompre Marcel, le jeune
frère, mais Brasse-Bouillon parvient à maintenir l'union sacrée entre les enfants.
Folcoche décide alors d'éloigner les deux aînés pour mettre au point une
nouvelle tactique. M. Rezeau père, Ferdinand et Jean partent en voiture dans le
Gers. Cette aventure permet aux deux frères de go(root)-ater des plaisirs inconnus :
des hôtes chaleureux, des lits confortables, des repas délicieux.... Mais
bizarrement Brasse-Bouillon supporte mal cette vie sans interdiction et sans haine.
Folcoche lui manque ...
Une lettre de Marcel, leur frère cadet, leur permet d'avoir les dernières
nouvelles de la Belle Angerie. Folcoche a engagé un nouveau précepteur encore
plus sévère que les précédents. Elle a aussi découvert la cachette où les enfants stockaient leurs provisions. Le retour risque d'être terrible...
Les enfants rentrent à la Belle Angerie. Aussitôt ils donnent à l'abbé
Traquet, leur nouveau précepteur, le surnom de BVII. Celui-ci commence par fouetter Frédie, en raison des provisions trouvées dans sa chambre. Mais Brasse-Bouillon ne reste pas inactif : en cachette il réconforte son frère aîné . Ensuite il
jette le trouble chez Folcoche en lui laissant croire que le précepteur a
vraiment été très clément avec le fautif. Puis il murmure au précepteur que sa
mère le prend pour un simple domestique. Enfin il obtient de son père que Frédie
bénéficie d'une amnistie.
Jean est devenu le principal souffre douleur de Folcoche. Elle multiplie les
humiliations et lui, les représailles.
C'est la "guerre civile". A l'actif de
Folcoche : les soupes épouvantablement salées, les habits de son fils qu'elle
déchire et qu'elle accuse ensuite de négligence. Brasse Bouillon n'est pas en
reste : il déchire la collection de timbres de Folcoche, arrose ses fleurs
avec de l'eau de Javel. Pour faire payer à leur mère sa piété perfide , les
frères se défoulent dans les églises : ils jettent les missels dans les bénitiers,
détraquent les horloges, couvrent les murs de graffitis...
Puis c'est la guerre "alimentaire" . Folcoche leur donne à manger du poisson
avarié et accuse ses enfants d'avoir voulu empoisonner les chevaux. Cette
accusation donne des idées aux enfants. Ils versent 100 gouttes de belladonne dans
le café de leur mère pour l'empoisonner. Mais celle-ci qui a souvent utilisé
ce médicament durant sa maladie n'aura qu'une "simple" colique.
Les enfants ne
désarment pas , si l'empoisonnement a échoué, alors ce sera la noyade dans la
rivière. Folcoche en réchappe miraculeusement.
Folcoche qui comprend qu'elle a échappé par deux fois à la mort décide de se
venger. Elle demande à l'abbé Traquet de fouetter Brasse Bouillon , qu'elle
soupçonne d'être le meneur. Il se barricade dans sa chambre et s'enfuit la nuit
venue.
Il parvient à se rendre à Paris chez ses grands parents maternels, les
Pluvignec. Il est impressionné par ce sénateur qui vit dans le somptueux quartier
d'Auteuil , par sa fortune mais est incommodé par sa vanité. M. Pluvignec, lui,
est amusé par l'audace de son petit-fils et il promet d'=~=ìuvrer pour
réconcilier l'enfant et sa famille.
M. Rezeau père arrive à Paris chercher son fils et à la grande surprise de ce
dernier il n'exprime aucune colère, juste un embarras. Jean en vient presque
à regretter que ce ne soit pas Folcoche qui ait fait le voyage. Certes, il la
déteste, mais elle, elle aurait fait preuve d'autorité et de fermeté.
Brasse Bouillon revient avec son père à la Belle Angerie. L'ambiance est
plutôt à l'indifférence. Il prend alors l'habitude de se réfugier sur la plus
haute branche d'un arbre de la propriété. Ce refuge, où il se rend très souvent
lui permet d'analyser la nouvelle situation. Il sait que maintenant son combat
contre Folcoche a changé de nature. Sa corpulence d'adolescent, ses
initiatives, son assurance et son sens de la provocation impressionnent Folcoche. Il rêve d'être bientôt exclu de la famille.
Les travaux recommencent à la Belle Angerie : il faut désherber les allées du
parc, cirer les parquets du salon... Pourtant un anniversaire va modifier le
quotidien.
Cela fait vingt cinq ans que le vénérable René Rezeau a été élu à
l'Académie française. Jacques Rezeau, le père de Jean souhaite organiser une
grande cérémonie familiale pour fêter l'illustre octogénaire. Le jour de la
fête, il faut écouter un discours assommant de trois heures. Jacques Rezeau
profite de cette journée pour vanter les valeurs de la bourgeoisie et de la famille.
Jean pour sa part a trouvé cette cérémonie désuète et incongrue. La haine
qu'il éprouvait pour ses proches s'étend maintenant à toute sa famille et à toute
la bourgeoisie.
Brasse Bouillon et Folcoche se ménagent quelque peu. Jean a maintenant quinze
ans et commence à désirer les femmes. Il jette son dévolu sur Madeleine, une
jeune fermière.
Un dimanche d'été, en fin d'après-midi, il parvient à la
séduire sous l'oeil attentif de Frédie qui, à la fois, contrôle le voisinage et
s'assure de la réussite de son frère.
Pendant quelques semaines, Jean savoure sa conquête, mais très vite il
s'irrite des marques de tendresse de Madeleine. Pour lui, les femmes ne peuvent être différentes de sa mère, c'est pourquoi il s'en méfie.
Folcoche qui sait maintenant que Brasse Bouillon la connaît parfaitement
souhaite l'éloigner. Elle projette de cacher son portefeuille dans la chambre de
son fils puis elle l'accusera. Jean pressent le piège. Il voit sa mère sortir
de sa chambre et s'empresse de lui rapporter le portefeuille qu'elle a
"oublié". La confrontation entre les deux adversaires n'a pas lieu, car finalement ils ont le même objectif : le départ de Jean pour le Collège. Ce qu'il finit par
obtenir pour lui et pour ses frères
Jean va prévenir Madeleine de son départ. Il se moque de sa tristesse. Elle
fond en larmes.
Les trois garçons vont partir comme internes chez les Jésuites au Mans. Reste
une haine définitive entre Folcoche et Jean. Cette animosité a façonné pour
toujours la personnalité du narrateur. Il n'a plus confiance en rien ni en
personne. Il quitte la Belle Angerie "une vipère au poing". |