La nouvelle s'appelle Caillou

Une belle histoire sur l'intégration qui dézingue habilement quelques clichés tenaces avec poésie et délicatesse.

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La nouvelle s'appelle Caillou

Titre du livre: La nouvelle s'appelle Caillou

Auteur: Myriam Blanc

Illustrateur: Caroline Attia

Éditeur: Gautier Languereau

Date de sortie du livre: 09.09.2020

Prix du livre: 12€

Auteur du conte : Myriam Blanc

Elle est bizarre la nouvelle, la maîtresse a dit qu’elle s’appelait Caillou. Elle reste seule dans son coin, ne parle à personne, quand on lui pose des questions de grands points d’interrogation se forment dans ses yeux. Jusqu’au jour où elle découvre le piano au fond de la salle. Qui est vraiment Caillou ? D’où vient-elle ? c’est à travers la musique de Caillou que Théophraste, Gaspard et Dorine vont le découvrir.

 

Notre avis

Avec un titre qui interpelle et une couverture aux airs des 1001 nuits, nul doute que la curiosité de l’enfant sera titillée par cet album. Il faut d’ailleurs y rentrer sans savoir ce qui nous attend car la découverte et le cheminement chronologique de l’histoire sont des pièces essentielles pour ancrer son message. Un message particulièrement important en ces temps de méfiance envers l’autre, celui ou celle qui porte un nom bizarre, qui s’habille différemment, qui n’a visiblement pas la même culture. On y parle de racines arrachées, d’immigration non choisie, de ces migrants qui fuient l’horreur et arrivent dans un pays dont ils ne savent rien en dehors du fait que leur vie y sera moins en danger. Le tout est narré avec la « brutalité » (dans le sens sans fioriture) de l’enfance. Avec l’innocence de ceux qui ne savent pas vraiment et qui répètent, pour juger, ce qu’ils ont entendu sans prendre conscience du fond ou de l’impact. Le texte de Myriam Blanc est poétiquement porté par les illustrations de Caroline Attia qui joue avec les proportions des personnages et les installe dans des mise-en-scènes très fortes. Cet album porte un message essentiel et permet de lutter contre l’ignorance, terreau bien trop fertile de l’intolérance. Et n’hésitez pas suivre la consigne de la dernière page avant même de commencer la lecture car cela vous permettra de lui apporter une dimension supérieure très bien pensée.

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Till the cat Article publié le